Catégorie : Livres

 

Le chemin de France par Jules Verne

Fiche de Le chemin de France

Titre : Le chemin de France
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1887
Editeur : BeQ

Première page de Le chemin de France

« Je me nomme Natalis Delpierre. Je suis né en 1761, à Grattepanche, un village de la Picardie. Mon père était cultivateur. Il travaillait sur les terres du marquis d’Estrelle. Ma mère l’aidait de son mieux. Mes sœurs et moi, nous faisions comme ma mère. Mon père ne possédait aucun bien et ne devait jamais avoir rien en propre. En même temps que cultivateur, il était chantre au lutrin, chantre « confiteor ». Il avait une voix forte qu’on entendait du petit cimetière attenant à l’église. Il aurait donc pu être curé – ce que nous appelons un paysan trempé dans l’encre. Sa voix, c’est tout ce que j’ai hérité de lui, à peu près.

Mon père et ma mère ont travaillé dur. Ils sont morts dans la même année, en 79. Dieu ait leur âme !

De mes deux sœurs, l’aînée, Firminie, à l’époque où se sont passées les choses que je vais dire, avait quarante-cinq ans, la cadette, Irma, quarante, moi, trente et un. Lorsque nos parent moururent, Firminie était mariée à un homme d’Escarbotin, Bénoni Fanthomme, simple ouvrier serrurier, qui ne put jamais s’établir, quoique habile en son état. »

Extrait de : J. Verne. « Le chemin de France. »

Gil Braltar par Jules Verne

Fiche de Gil Braltar

Titre : Gil Braltar
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1887
Editeur :

Première page de Gil Braltar

« Ils étaient là de sept à huit cents, à tout le moins. De taille moyenne, mais robustes, agiles, souples, faits pour les bonds prodigieux, ils gambadaient sous les dernières clartés du soleil qui se couchait au-delà des montagnes échelonnées vers l’Ouest de la rade. Le disque rougeâtre disparut bientôt, et l’obscurité commença à se faire au milieu de ce bassin encadré de sierras lointaines de Sanorra, de Ronda et du pays désolé del Cuervo.
Soudain, toute la troupe s’immobilisa. Son chef venait d’apparaître sur ce dos d’âne maigre qui forme la crête du mont. Du poste de soldats, perché à l’extrême sommité de l’énorme roc, on ne pouvait rien voir de ce qui se passait sous les arbres. »

Extrait de : J. Verne. « Gil Braltar. »

Nord contre sud par Jules Verne

Fiche de Nord contre sud

Titre : Nord contre sud
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1887
Editeur :

Première page de Nord contre sud

« À bord du steam-boat « Shannon »

La Floride, qui avait été annexée à la grande fédération américaine en 1819, fut érigée en État quelques années plus tard. Par cette annexion, le territoire de la République s’accrut de soixante-sept mille milles carrés. Mais l’astre floridien ne brille que d’un éclat secondaire au firmament des trente-sept étoiles qui constellent le pavillon des États-Unis d’Amérique.
Ce n’est qu’une étroite et basse langue de terre, cette Floride. Son peu de largeur ne permet pas aux rivières qui l’arrosent – le Saint-John excepté – d’y acquérir quelque importance. Avec un relief si peu accusé, les cours d’eau n’ont pas la pente nécessaire pour y devenir rapides. Point de montagnes à sa surface. »

Extrait de : J. Verne. « Nord contre sud. »

Robur le conquérant par Jules Verne

Fiche de Robur le conquérant

Titre : Robur le conquérant
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1886
Editeur : BeQ

Première page de Robur le conquérant

« Où le monde savant et le monde ignorant sont aussi embarrassés l’un que l’autre
 
« Pan !… Pan !… »
Les deux coups de pistolet partirent presque en même temps. Une vache, qui paissait à cinquante pas de là, reçut une des balles dans l’échine. Elle n’était pour rien dans l’affaire, cependant.
Ni l’un ni l’autre des deux adversaires n’avait été touché.
Quels étaient ces deux gentlemen ? On ne sait, et, cependant, c’eût été là, sans doute, l’occasion de faire parvenir leurs noms à la postérité. Tout ce qu’on peut dire, c’est que le plus âgé était Anglais, le plus jeune Américain. Quant à indiquer en quel endroit l’inoffensif ruminant venait de paître sa dernière touffe d’herbe, rien de plus facile. C’était sur la rive droite du Niagara, non loin de ce pont suspendu qui réunit la rive américaine à la rive canadienne, trois milles au-dessous des chutes. »

Extrait de : J. Verne. « Robur-le-conquérant. »

Un billet de loterie par Jules Verne

Fiche de Un billet de loterie

Titre : Un billet de loterie
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1886
Editeur :

Première page de Un billet de loterie

« – Quelle heure est-il ? demanda dame Hansen, après avoir secoué les cendres de sa pipe, dont les dernières bouffées se perdirent entre les poutres coloriées du plafond.
– Huit heures, ma mère, répondit Hulda.
– Il n’est pas probable qu’il nous arrive des voyageurs pendant la nuit ; le temps est trop mauvais.
– Je ne pense pas qu’il vienne personne. En tout cas, les chambres sont prêtes, et j’entendrai bien si l’on appelle du dehors.
– Ton frère n’est pas revenu ?
– Pas encore.
– N’a-t-il pas dit qu’il rentrerait aujourd’hui ? »

Extrait de : J. Verne. « Un billet de loterie. »

Mathias Sandorf par Jules Verne

Fiche de Mathias Sandorf

Titre : Mathias Sandorf
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1885
Editeur : Feedbooks

Première page de Mathias Sandorf

« Le pigeon voyageur

Trieste, la capitale de l’Illyrie, se divise en deux villes très dissemblables : une ville neuve et riche, Theresienstadt, correctement bâtie au bord de cette baie sur laquelle l’homme a conquis son sous-sol ; une ville vieille et pauvre irrégulièrement construite, resserrée entre le Corso, qui la sépare de la première, et les pentes de la colline du Karst, dont le sommet est couronné par une citadelle d’aspect pittoresque.

Le port de Trieste est couvert par le môle de San-Carlo, près duquel mouillent de préférence les navires du commerce. Là se forment volontiers, et, parfois, en nombre inquiétant, des groupes de ces bohèmes, sans feu ni lieu, dont les habits, pantalons, gilets ou vestes, pourraient se passer de poches, car leurs propriétaires n’ont jamais rien eu, et vraisemblablement n’auront jamais rien à y mettre. »

Extrait de : J. Verne. « Mathias Sandorf. »

L’épave du Cynthia par Jules Verne et André Laurie

Fiche de L’épave du Cynthia

Titre : L’épave du Cynthia
Auteur : Jules Verne et André Laurie
Date de parution : 1885
Editeur : BeQ

Première page de L’épave du Cynthia

« L’ami de M. Malarius

Il n’y a probablement, ni en Europe ni ailleurs, un savant dont la physionomie soit plus universellement connue que celle du docteur Schwaryencrona, de Stockholm ; son portrait, reproduit par les marchands au-dessous de sa marque de fabrique, sur des millions de bouteilles cachetées de vert, circule avec elles jusqu’aux confins du globe.

La vérité oblige à dire que ces bouteilles ne contiennent que de l’huile de foie de morue, médicament estimable et même bienfaisant, qui, pour les habitants de la Norvège, représente tous les ans, en kroners ou « couronnes » de la valeur d’un franc trente-neuf centimes, des totaux de sept à huit chiffres. »

Extrait de : J. Verne et A. Laurie. « L’épave du Cynthia. »

Frritt-Flacc par Jules Verne

Fiche de Frritt-Flacc

Titre : Frritt-Flacc
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1884
Editeur :

Première page de Frritt-Flacc

« Frritt !… c’est le vent qui se déchaîne.
Flacc !… c’est la pluie qui tombe à torrents.
Cette rafale mugissante courbe les arbres de la côte volsinienne et va se briser contre le flanc des montagnes de Crimma. Le long du littoral, de hautes roches sont incessamment rongées par les lames de cette vaste mer de la Mégalocride.
Frritt !… Flacc !….
Au fond du port se cache la petite ville de Luktrop. Quelques centaines de maisons, avec miradors verdâtres, qui les défendent tant bien que mal contre les vents du large. Quatre ou cinq rues montantes, plus ravines que rues, pavées de galets, souillées de scories que projettent les cônes éruptifs de l’arrière-plan. Le volcan n’est pas loin – le Vanglor. Pendant le jour, la poussée intérieure s’épanche sous forme de vapeurs sulfurées. Pendant la nuit, de minute en minute, gros vomissement de flammes. Comme un phare, d’une portée de cent cinquante kertzes, le Vanglor signale le port de Luktrop aux caboteurs, felzanes, verliches ou balanzes, dont l’étrave scie les eaux de la Mégalocride. »

Extrait de : J. Verne. « Frritt-Flacc. »

L’archipel en feu par Jules Verne

Fiche de L’archipel en feu

Titre : L’archipel en feu
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1884
Editeur :

Première page de L’archipel en feu

« Navire au large

Le 18 octobre 1827, vers cinq heures du soir, un petit bâtiment levantin serrait le vent pour essayer d’atteindre avant la nuit le port de Vitylo, à l’entrée du golfe de Coron.
Ce port, l’ancien Oetylos d’Homère, est situé dans l’une de ces trois profondes indentations qui découpent, sur la mer Ionienne et sur la mer Égée, cette feuille de platane, à laquelle on a très justement comparé la Grèce méridionale. Sur cette feuille se développe l’antique Péloponnèse, la Morée de la géographie moderne. La première de ces dentelures, à l’ouest, c’est le golfe de Coron, ouvert entre la Messénie et le Magne ; la seconde, c’est le golfe de Marathon, qui échancre largement le littoral de la sévère Laconie ; le troisième, c’est le golfe de Nauplie, dont les eaux séparent cette Laconie de l’Argolide.
Au premier de ces trois golfes appartient le port de Vitylo. Creusé à la lisière de sa rive orientale, au fond d’une anse irrégulière, il occupe les premiers contreforts maritimes du Taygète, dont le prolongement orographique forme l’ossature de ce pays du Magne. »

Extrait de : J. Verne. « L’Archipel en feu. »

L’étoile du Sud par Jules Verne

Fiche de L’étoile du Sud

Titre : L’étoile du Sud
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1884
Editeur : BeQ

Première page de L’étoile du Sud

« Renversants, ces Français ! « Parlez, monsieur, je vous écoute.– Monsieur, j’ai l’honneur de vous demander la main de miss Watkins, votre fille.– La main d’Alice ?…– Oui, monsieur. Ma demande semble vous surprendre. Vous m’excuserez, pourtant, si j’ai quelque peine à comprendre en quoi elle pourrait vous paraître extraordinaire. J’ai vingt-six ans. Je m’appelle Cyprien Méré. Je suis ingénieur des Mines, sorti avec le numéro deux de l’École polytechnique. Ma famille est honorable et honorée, si elle n’est pas riche. Monsieur le consul de France au Cap pourra en témoigner, pour peu que vous le désiriez, et mon ami Pharamond Barthès, l’intrépide chasseur que vous connaissez bien, comme tout le monde au Griqualand, pourrait également l’attester. Je suis ici en mission scientifique au nom de l’Académie des sciences et du gouvernement français. J’ai obtenu, l’an dernier, le prix Houdart, à l’Institut, pour mes travaux sur la constitution chimique des roches volcaniques de l’Auvergne. »

Extrait de : J. Verne. « L’Étoile du Sud. »