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La poupée sanglante par Gaston Leroux

Fiche de La poupée sanglante
Titre : La poupée sanglante
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1923
Editeur : Feedbooks
Première page de La poupée sanglante
« Bénédict Masson avait sa boutique dans un des coins les plus retirés, les plus paisibles et aussi les plus vieillots de l’Île-Saint-Louis. Bénédict Masson était relieur d’art, ce qui ne l’empêchait pas de vendre des cartes postales et de se livrer à un petit commerce de papeterie dans ce quartier désuet, manière de province dans la capitale, qui semble défendue par sa ceinture d’eau de cette éternelle bacchanale que l’on est convenu d’appeler la vie parisienne.
Dans cette rue, dont le nom a été changé depuis, et qui s’appelait – il n’y a pas bien longtemps encore – la rue du Saint-Sacrement-en-l’Isle, à l’ombre de vieux hôtels qui furent, il y a deux siècles, le rendez-vous de tous les beaux esprits, se sont ouverts ou plutôt entrouverts une demi-douzaine de boutiques, quelques débits, un modeste magasin d’horlogerie, dans la prétention exorbitante d’y entretenir un semblant de vie… Eh bien, c’est de cette petite rue, habitée par notre relieur, c’est de ce quartier qui semblait ne devoir plus exister que par ses propres souvenirs qu’est sortie l’une des plus prodigieuses aventures de cette époque et, à tout prendre, la plus sublime ! Sublime, l’aventure de Bénédict Masson l’a été sûrement, car elle fut une Date (avec un grand D) dans l’histoire de l’Humanité, mais en même temps que sublime, elle fut aussi épouvantable… et Paris, qui n’en a surtout connu que l’épouvante, en tressaille encore. »
Extrait de : G. Leroux. « La poupée sanglante. »
La machine à assassiner par Gaston Leroux

Fiche de La machine à assassiner
Titre : La machine à assassiner
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1923
Editeur : Bibebook
Première page de La machine à assassiner
« Voici une petite rue paisible, endormie depuis deux siècles, où le plus gros événement de la journée pour certains fossiles qui achèvent de sécher derrière la porte de leur boutique ou les rideaux de leur fenêtre est un couple de touristes égarés qui passe, une visite inattendue chez le voisin, la sortie inopinée d’une jeune personne qui a mis une toilette neuve, les stations répétées de « la demoiselle de l’horloger » chez le relieur d’art, et, tout à coup, ce quartier apprend que le relieur d’art est arrêté pour avoir chauffé son poêle avec une demi-douzaine de pauvres femmes qui s’en sont ainsi allées en fumée et qu’il a été surpris dans sa besogne d’enfer par cette même demoiselle de l’horloger qui n’a dû qu’à un miracle d’échapper au sort qui l’attendait !
Il n’est certes point difficile d’imaginer la perturbation apportée dans les mœurs et les habitudes de ce coin de l’Île-Saint-Louis et, particulièrement, dans la société de Mlle Barescat, mercière, par ce drame épouvantable.
Du quai de Béthune à l’Estacade, on vivait sous le « régime de la terreur »… comme disait Mme Langlois, ex-femme de ménage de cet affreux Bénédict. »
Extrait de : G. Leroux. « La machine à assassiner. »
La double vie de Théophraste Longuet par Gaston Leroux

Fiche de La double vie de Théophraste Longuet
Titre : La double vie de Théophraste Longuet
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1904
Editeur : Bibebook
Première page de La double vie de Théophraste Longuet
« L’étrange aventure de M. Théophraste Longuet, qui devait se terminer d’une façon si tragique, eut son origine dans une visite que cet homme de bien fit à la prison de la Conciergerie, le vingt-huitième jour de juin 1899. Ainsi l’histoire est d’hier, mais l’auteur de ces lignes, après avoir feuilleté, compulsé, interrogé avec une grande conscience tous les papiers, cahiers, mémoires et testaments du sieur Théophraste Longuet, ose dire qu’elle n’en est pas moins fantastique.
M. Théophraste Longuet, quand il sonna à la porte de la Conciergerie, n’était point seul : il était accompagné de sa femme, Marceline, qui était une fort belle femme, blonde et mûre, la « majestueuse enfant » dont parle le poète. Marceline balançait son col « avec d’étranges grâces » ; et, vraiment, je ne trouve rien de mieux à vous dire sur cette aimable personne, pour vous donner la sensation un peu vague mais réelle de son aspect général, que les deux vers de Baudelaire :
Quant tu vas, balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large.
M. Théophraste Longuet était donc accompagné de sa femme et aussi de M. Adolphe Lecamus, son meilleur ami. »
Extrait de : G. Leroux. « La double vie de Théophraste Longuet. »
L’homme qui revient de loin par Gaston Leroux

Fiche de L’homme qui revient de loin
Titre : L’homme qui revient de loin
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1916
Editeur : Bibebook
Première page de L’homme qui revient de loin
« Suivi de son « caddie », porteur de ses « clubs », Jacques Munda de la Bossière rentra triomphant au château. Il ne s’était point cependant mêlé à la partie et ne pouvait, ce jour-là, tirer quelque orgueil de son adresse : mais son nouveau terrain de golf avait eu un tel succès !
Il est vrai qu’il y avait mis le prix, n’ayant pas hésité à jeter par terre quelques bons arpents de ce coin de la forêt de Sénart qui faisait partie du domaine. Et, ma foi, il en usait avec ce domaine comme s’il lui appartenait, le soignant en véritable propriétaire, l’embellissant, ne reculant devant aucune dépense.
Après une rapide caresse à deux magnifiques lévriers, champions de coursing, que le valet de chiens ramenait au chenil, l’exercice terminé, Jacques, léger de toute sa jeunesse, de toute sa santé et de toute sa bonne humeur, traversa le vestibule d’un bond, escalada l’escalier monumental qui conduisait aux appartements du premier étage et frappa à la porte du cabinet de toilette où « madame » était enfermée avec sa femme de chambre. »
Extrait de : G. Leroux. « L’Homme qui revient de loin. »
L’homme qui a vu le diable par Gaston Leroux

Fiche de L’homme qui a vu le diable
Titre : L’homme qui a vu le diable
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1908
Editeur : Bibebook
Première page de L’homme qui a vu le diable
« Le coup de tonnerre fut si violent que nous pensâmes que le coin de forêt qui poussait au-dessus de nos têtes avait été foudroyé et que la voûte de la caverne allait être fendue, comme d’un coup de hache, par le géant de la tempête. Nos mains se saisirent au fond de l’antre, s’étreignirent dans cette obscurité préhistorique et l’on entendit les gémissements des marcassins que nous venions de faire prisonniers. La porte de lumière qui, jusqu’alors, avait signalé l’entrée de la grotte naturelle où nous nous étions tapis comme des bêtes, s’éteignit à nos yeux, non point que l’on fût à la fin du jour, mais le ciel se soulageait d’un si lourd fardeau de pluies qu’il semblait avoir étouffé pour toujours, sous ce poids liquide, le soleil.
Il y avait maintenant au fond de l’antre un silence profond. Les marcassins s’étaient tus sous la botte de Makoko. Makoko était un de nos camarades, que nous appelions ainsi à cause d’une laideur idéale et sublime qui, avec le front de Verlaine et la mâchoire de Tropmann, le ramenait à la splendeur première de l’Homme des Bois. »
Extrait de : G. Leroux. « L’Homme qui a vu le diable. »
L’épouse du soleil par Gaston Leroux

Fiche de L’épouse du soleil
Titre : L’épouse du soleil
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1913
Editeur : BNF
Première page de L’épouse du soleil
« Le navire n’était pas plutôt entré en rade de Callao qu’il était déjà envahi, avant même qu’il eût jeté l’ancre, par une multitude de bateliers criards et tyranniques. Les escaliers, les cabines, les salons furent pleins, en une seconde, de cette engeance matriculée, comme nos commissionnaires, qui avait la prétention d’enlever tous les passagers. L’oncle François-Gaspard Ozoux (de l’Institut, section des Inscriptions et Belles-Lettres), assis sur ses malles où il avait solidement cadenassé tous ses documents et les objets chers à son érudition, se défendit comme un enragé.
C’est en vain qu’on lui fit entendre que le paquebot ne pourrait être remorqué jusqu’au quai de la Darsena que deux heures plus tard ; il se cramponna à ses trésors en jurant que rien ne l’en séparerait… Quant à permettre à ces démons de jeter sur leurs frêles esquifs un bagage aussi précieux, l’idée ne pouvait décemment lui en venir toute seule. »
Extrait de : G. Leroux. « L’Epouse du soleil. »
Coffret 3 origines polar par Gaston Leroux

Fiche de Coffret 3 origines polar
Titre : Coffret 3 origines polar
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 2019
Editeur : BNF
Sommaire de Coffret 3 origines polar :
- Le mystère de la chambre jaune
- Le parfum de la dame en noir
- Les étranges noces de Rouletabille
- Mister Flow
Balaoo par Gaston Leroux

Fiche de Balaoo
Titre : Balaoo
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1911
Editeur : Bibebook
Première page de Balaoo
« Il était dix heures du soir et depuis longtemps déjà il n’y avait plus âme qui vive dans les rues de Saint-Martin-des-Bois. Pas une lumière aux fenêtres, car les volets étaient hermétiquement clos. On eût dit le village abandonné. Enfermés chez eux bien avant le crépuscule, les habitants n’eussent consenti, pour rien au monde, à débarricader leurs demeures avant le jour.
Tout semblait dormir, quand un grand bruit de galoches et de souliers ferrés retentit sur les pavés sonores de la rue Neuve. C’était comme une foule qui accourait ; et bientôt l’on perçut des voix, des cris, des appels, des explications entre gens qui venaient d’on ne sait où. Pas un volet, pas une porte ne s’ouvrit au passage bruyant de cette troupe inattendue.
Chacun était encore sous le coup des deux assassinats de Lombard, le barbier du cours National, et de Camus, le tailleur de la rue Verte, suivant toute une série d’événements tantôt tragiques, tantôt sinistrement comiques et souvent inexplicables. »
Extrait de : G. Leroux. « Balaoo. »
Rouletabille chez les bohémiens par Gaston Leroux

Fiche de Rouletabille chez les bohémiens
Titre : Rouletabille chez les bohémiens (Tome 8 sur 8 – Rouletabille)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1923
Editeur : Bibebook
Première page de Rouletabille chez les bohémiens
« Jean de Santierne gravit l’escalier qui montait à l’appartement de Rouletabille avec une telle rapidité que, malgré sa jeunesse et l’habitude des sports, il s’arrêta un instant, essoufflé, devant la porte. Le célèbre reporter du journal L’Époque habitait depuis deux ans cette vieille maison du faubourg Poissonnière, où il était venu se réfugier après la mort de sa femme, survenue dans des circonstances tragiques que nous n’avons pas à rappeler ici. Fuyant toute mondanité, ne fréquentant que de rares amis, au premier rang desquels il fallait compter Santierne, il s’était ainsi rapproché du grand quotidien auquel il semblait avoir donné tout son temps dans le dessein d’oublier.
Jean sonna. On mit quelque temps à venir lui ouvrir la porte. Enfin un domestique à figure camuse, toujours sombre et taciturne, que Rouletabille avait ramené des Balkans et qui ne connaissait que sa consigne, déclara que Monsieur n’était pas là.
« Allons donc, Olajaï !… protesta Santierne, très énervé, je sais qu’il est chez lui… Laisse-moi passer !
— Monsieur n’y est pour personne ! » repartit le domestique. »
Extrait de : G. Leroux. « Rouletabille chez les bohémiens. »
Le crime de Rouletabille par Gaston Leroux

Fiche de Le crime de Rouletabille
Titre : Le crime de Rouletabille (Tome 7 sur 8 – Rouletabille)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1921
Editeur : Bibebook
Première page de Le crime de Rouletabille
« Avec quelle émotion nouvelle, à plus de dix ans de distance, moi, Sainclair, je reprends une plume qui a tracé le sensationnel rapport du « Mystère de la chambre jaune » et les premiers hauts faits du jeune reporter de L’Époque,pour faire connaître, dans ses détails insoupçonnés, cette affaire retentissante dite : « Le Crime de Rouletabille », sombre tragédie où roulent d’effroyables ténèbres et sur le seuil de laquelle apparaît le doux monstre à la tête de sphinx : l’éternel féminin !… Pauvre Rouletabille ! Lui, à qui aucun problème jusqu’alors n’avait résisté, lui, dont l’intelligence avait sondé tous les abîmes ouverts devant la Raison, je l’ai vu, un instant, frissonner, éperdu devant deux yeux de femme comme devant le chaos !…
On a relaté autre part le drame bulgare au milieu duquel le jeune reporter était allé chercher celle qui devait devenir sa femme et qu’il avait vue pour la première fois dans la salle de garde de la Pitié, car Ivana était venue toute jeune à Paris pour y étudier la médecine. »
Extrait de : G. Leroux. « Le crime de Rouletabille. »