Auteur/autrice : CH91

 

Basilica par Orson Scott Card

Fiche de Basilica

Titre : Basilica (Tome 1 sur 5 – Terre des origines)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1992
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : J’ai lu

Première page de Basilica

« Le maître ordinateur de la planète Harmonie avait peur. Cela ne se manifestait par aucun symptôme humain ; il n’avait pas les mains moites, ni la bouche sèche, ni l’estomac noué ou retourné. Ce n’était qu’une machine sans parties mobiles, qui tirait son énergie du soleil et ses données de ses satellites, de sa mémoire et de l’esprit d’un demi-milliard d’êtres humains. Pourtant, il ressentait une sorte de peur, il avait l’impression que tout lui échappait, qu’il n’avait plus le pouvoir d’influencer le monde comme autrefois.

Bref, il connaissait la peur de la mort. Pas de sa mort personnelle, car le maître ordinateur ne possédait pas d’ego et il n’attachait aucune importance à prolonger ou non son existence. Mais il avait une mission, inscrite dans son programme depuis des millions d’années, celle d’être le gardien de l’humanité sur ce monde. »

Extrait de : O.S Card. « Basilica – Terre des origines. »

Ysabel par Guy Gavriel Kay

Fiche de Ysabel

Titre : Ysabel
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2007
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les éditions Alire

Première page de Ysabel

« Ned n’était pas impressionné. Pour ce qu’il pouvait en voir, dans la lumière atténuée qui tombait des petites fenêtres hautes, la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence était un vrai bazar : dehors, là où l’équipe de son père était en train de tout installer pour une séance de prises de vue préliminaires, et à l’intérieur, où il était tout à fait seul dans la pénombre.

Il était censé trouver ça cool, d’être là tout seul. Mélanie, la minuscule assistante de son père, tellement organisée que c’en était presque ridicule, lui avait donné une brochure touristique sur la cathédrale en lui disant, avec un de ses clins d’œil, d’y aller avant qu’ils ne commencent à prendre les photos numériques qui serviraient de test et précéderaient les véritables photos destinées au livre. »

Extrait de : G.G Kay. « Ysabel. »

Un éclat d’antan par Guy Gavriel Kay

Fiche de Un éclat d’antan

Titre : Un éclat d’antan
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2019
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les éditions Alire

Première page de Un éclat d’antan

« Un homme qui n’est plus de toute jeunesse, dans une vaste pièce, la nuit. Des lanternes, des lampes, des torches dans des supports, une belle table, de hautes fenêtres fermées par des volets, des tableaux sur les murs, plongés dans l’ombre. Il n’est pas seul. Et pourtant, il sent son esprit se tourner vers un temps où il était encore jeune. Cela nous arrive à tous. Un parfum nous emporte, une voix, un nom, quelqu’un nous rappelle une personne connue…

Des événements se déroulent en cet instant, mais il y a aussi un délai, une pause dans la précipitation de toutes ces courses, et le passé est plus proche la nuit.

Il songe à une histoire datant de l’époque où il apprenait le monde et la place qu’il y tenait. Il ne peut conter cette histoire et ne le fera pas. Nous ne percevons que des éclairs de l’histoire, même la nôtre. Elle ne nous appartient pas entièrement – dans notre souvenir, dans ce que nous en écrivons, en entendons ou en lisons. Nous ne pouvons récupérer qu’une partie du passé. Parfois, c’est assez. »

Extrait de : G.G Kay. « Un éclat d’antan. »

Tigane par Guy Gavriel Kay

Fiche de Tigane

Titre : Tigane
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1990
Traduction : C. Faure-Geors
Editeur : J’ai lu

Première page de Tigane

« Les deux lunes étaient pleines, qui éclipsaient toutes les étoiles hormis les plus brillantes. De chaque côté du fleuve, les feux de camp s’étiraient avant de disparaître dans la nuit. La Deisa au cours tranquille retenait le clair de lune et l’orangé des feux les plus proches, puis les réfléchissait en longs rubans aux contours imprécis. Tous ces faisceaux lumineux convergeaient à hauteur de ses yeux, à l’endroit de la berge où il était assis, les bras autour des genoux, songeant à sa mort prochaine et à la vie qui avait été la sienne.
Quelle nuit admirable, se dit-il en inspirant une bouffée d’air tiède ; il huma le fleuve, les plantes aquatiques, le tapis d’herbe, contempla le reflet bleu argenté du clair de lune, entendit le murmure de la Deisa et les chants lointains qui montaient autour des feux de camp. De l’autre côté aussi on chantait, remarqua-t-il en écoutant les soldats ennemis sur la rive nord. Il était bien difficile de croire que ces voix à l’unisson appartenaient à des êtres foncièrement mauvais et de les haïr aussi aveuglément qu’il est nécessaire pour faire un bon soldat. »

Extrait de : G.G Kay. « Tigane. »

Les lions d’Al-rassan par Guy Gavriel Kay

Fiche de Les lions d’Al-rassan

Titre : Les lions d’Al-rassan
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1995
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu

Première page de Les lions d’Al-rassan

« Rappelle-toi toujours qu’ils viennent du désert.

Autrefois, avant que Jehane eût ouvert son propre cabinet de consultation, au temps où son père pouvait encore lui parler et l’instruire, il lui avait répété bien des fois cette maxime à propos des maîtres asharites qui les toléraient et parmi lesquels – comme le faisaient partout les tribus dispersées des Kindaths – ils travaillaient à ménager dans le monde un petit espace de sécurité où trouver une certaine quiétude.

« Mais le désert ne fait-il pas partie de notre propre histoire ? » se rappelait-elle avoir demandé une fois, une question renvoyée comme un défi ; elle n’avait jamais été une élève facile, ni pour lui ni pour personne.

« Nous l’avons traversé, avait répliqué Ishak de sa belle voix bien modulée. Nous y avons séjourné pour un temps, en chemin. Mais nous n’avons jamais été vraiment un peuple des dunes. Eux, oui. Même ici en Al-Rassan, au milieu des jardins, de l’eau et des arbres, les Fils des Étoiles ne sont jamais certains de leur permanence. Au fond de leur cœur, ils demeurent ce qu’ils étaient lorsqu’ils ont pour la première fois adopté les enseignements d’Ashar dans les sables. Quand tu hésites sur la façon de comprendre l’un d’entre eux, souviens-t’en, et la conduite à suivre s’éclaircira sans doute.  »

Extrait de : G.G Kay. « Les lions d’Al-Rassan.  »

Le dernier rayon du soleil par Guy Gavriel Kay

Fiche de Le dernier rayon du soleil

Titre : Le dernier rayon du soleil
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2004
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les Editions Alire

Première page de Le dernier rayon du soleil

« Ibn Bakir avait fini par comprendre qu’il manquait un cheval.

Tant qu’on ne l’avait pas retrouvé, tout était suspendu. Sur la place du marché, la foule se pressait dans la grisaille matinale du printemps. On remarquait tout particulièrement la présence d’hommes armés, barbus et de vastes proportions, mais ils n’étaient pas là pour le commerce. Pas aujourd’hui. Le marché n’ouvrirait pas, si alléchantes fussent les marchandises débarquées du navire venu du sud.

De toute évidence, il était arrivé à un mauvais moment.

Firaz ibn Bakir, marchand de Fézana, qui représentait très délibérément le glorieux califat d’Al-Rassan dans les soies vivement colorées dont il était vêtu (loin d’être assez chaudes pour le vent coupant), ne pouvait s’empêcher de voir ce délai comme une épreuve supplémentaire à lui imposée pour les transgressions commises dans une existence moins que vertueuse. »

Extrait de : G.G Kay. « Le Dernier Rayon du soleil. »

Enfants de la terre et du ciel par Guy Gavriel Kay

Fiche de Enfants de la terre et du ciel

Titre : Enfants de la terre et du ciel
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2016
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les Editions Alire

Première page de Enfants de la terre et du ciel

« Ce fut avec un serrement de cœur que l’ambassadeur fraîchement arrivé de Séressa comprit que l’Empereur Rodolfo, célèbre pour son excentricité, était sérieux dans son intention d’expérimenter avec le protocole de la cour.

L’Empereur aimait les expériences, c’était de notoriété publique.

L’ambassadeur, apparemment, allait devoir se prosterner par trois fois – et à deux reprises ! – quand il serait enfin invité à approcher le trône impérial. Ce devait être conforme à la manière dont on était présenté au Grand Calife Gurçu, à Asharias, lui expliqua l’officiel de très haute taille qui l’escortait. C’était aussi, ajouta le courtisan, songeur, la manière dont on approchait autrefois les grands Empereurs d’Orient. Rodolfo était à présent intéressé, semblait-il, à l’effet d’une telle déférence officielle, observée et remarquée par la cour. Et puisque Rodolfo était l’héritier de ces augustes figures du lointain passé, cela n’avait-il pas du bon sens ?

Non, pas du tout, pensa l’ambassadeur, en le gardant par-devers lui. »

Extrait de : G.G Kay. « Enfants de la Terre et du Ciel. »

Pisteur 3B par Orson Scott Card

Fiche de Pisteur 3B

Titre : Pisteur 3B (Tome 3B sur 3 – Pisteur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2014
Traduction : M. Jacquet
Editeur : J’ai lu

Première page de Pisteur 3B

« Une fois rentrés à Halte-de-Flaque, Miche et Flaque proposèrent à Umbo de rester en leur compagnie – quelques jours au moins, le temps de souffler avant son retour vers l’entremur de Lar, où l’attendaient Rigg, Param et Olivenko.

Umbo accepta volontiers. Il avoua se délecter à l’avance de leur cuisine et, à dire vrai, le périple l’avait éreinté. Mais leur amitié ne se limitait pas à ces quelques politesses. Umbo était sans famille, mais pas prêt pour une vie d’orphelin. Au-delà de l’ami, Miche représentait pour lui un père et, bien que moins proche de Flaque, Umbo avait aidé le couple à se retrouver.

La taverne se remplit peu à peu des clients de la soirée. Umbo proposa son aide, mais essuya un refus catégorique de la maîtresse de maison. « Ta seule spécialité en cuisine ou en salle, c’est de manger. Alors mange ou, sinon, débarrasse le plancher. » Puis elle adoucit ses propos d’une tape amicale sur son épaule – plutôt une « bourrade », mais, comme Umbo ne termina pas encastré dans un mur, le geste valait pour une caresse. »

Extrait de : O.S Card. « Pisteur. »

Pisteur 3A par Orson Scott Card

Fiche de Pisteur 3A

Titre : Pisteur 3A (Tome 3A sur 3 – Pisteur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2014
Traduction : M. Jacquet
Editeur : J’ai lu

Première page de Pisteur 3A

« Depuis la surface du Jardin, il ressemble à s’y méprendre à un cirque rocheux percé en son centre d’une montagne. Mais depuis l’espace, il devient évident que cet anneau d’à-pics n’est autre qu’un gigantesque cratère, et la montagne son foyer.

Enfoui à des kilomètres sous l’éminence centrale gît un vaisseau spatial. Il s’est écrasé à la surface du Jardin il y a 11 203 ans.

Pourtant, son lancement depuis une orbite terrestre basse remonte à dix-neuf ans à peine. Après sept années de voyage interstellaire, le vaisseau pénétra dans une faille spatio-temporelle qui le recracha instantanément dans l’atmosphère du Jardin.

« Instantanément », du moins pour son pilote, Ram Odin, seule personne vivante et éveillée à bord.

Car suite à une aberration chronologique, le vaisseau arriva, sur le calendrier terrestre, 11 191 ans avant même son entrée dans la faille.

Il se dupliqua au cours du processus en dix-neuf exemplaires : un par ordinateur de bord chargé du franchissement, chacun transportant une copie de Ram Odin et de tous les colons humains plongés en stase, attendant la terre promise. »

Extrait de : O.S Card. « Pisteur. »

Pisteur 2B par Orson Scott Card

Fiche de Pisteur 2B

Titre : Pisteur 2B (Tome 2B sur 3 – Pisteur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2012
Traduction : M. Jacquet
Editeur : J’ai lu

Première page de Pisteur 2B

« Umbo n’avait jamais trop su quoi penser de l’école. D’un côté, elle lui avait offert un refuge loin des rosseries de son père et des corvées du foyer. De l’autre, il avait toujours envié à Rigg ses heures aménagées : quelques-unes en classe pour beaucoup au fond des bois avec son père, à attraper des petites bêtes pour leur fourrure.
Mais, comme il l’apprit plus tard, Rigg avait connu dans la forêt un apprentissage bien plus sévère que lui-même à la petite école du village. Et après des semaines de voyage d’un bout à l’autre du spectre de la modernité, des abords civilisés de la Stashik aux campagnes sauvages de l’entremur de Vadesh, à mesurer l’ampleur du travail accompli par Rigg, pour leur trouver de l’eau, de la nourriture, dresser des lieux de campement sûrs, Umbo s’était dit que, tout compte fait, les salles de classe lui avaient épargné bien des rigueurs. »

Extrait de : O.S Card. « Pisteur. »