Auteur/autrice : CH91

 

Xenocide par Orson Scott Card

Fiche de Xenocide

Titre : Xenocide (Tome 3 sur 4 – Le cycle d’Ender)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1991
Traduction : B. Sigaud
Editeur : J’ai lu

Première page de Xenocide

« Han Fei-tzu était assis dans la position du lotus à même le plancher de bois près du lit où reposait son épouse souffrante. Se pouvait-il qu’il ait dormi si longtemps ? Il n’en était pas sûr. Mais à présent il constatait un léger changement dans la respiration de sa femme, changement aussi subtil que l’air déplacé par les ailes d’un papillon.

Jiang-qing avait dû elle aussi détecter comme un changement chez lui, parce qu’elle n’avait pas parlé de longtemps et qu’elle parlait maintenant. D’une voix très douce. Mais Han Fei-tzu l’entendait distinctement, car la maison était silencieuse. Il avait requis de ses amis et serviteurs qu’ils fassent silence pendant le crépuscule de la vie de Jiang-qing. On aurait loisir de faire du bruit tout au long de la nuit à venir, quand plus une seule syllabe étouffée ne
passerait ses lèvres.

— Pas encore morte, dit-elle.

C’est ainsi qu’elle l’avait accueilli chaque fois qu’elle s’était réveillée ces derniers jours. Ces paroles lui avaient d’abord semblé fantasques ou ironiques, mais il savait désormais qu’elle exprimait ainsi sa déception. C’est la mort qu’elle désirait à présent, non qu’elle n’ait pas aimé la vie, mais parce que la mort était maintenant inévitable et qu’il faut accueillir à bras ouverts ce qui ne se peut éviter. Telle était la Voie. »

Extrait de : O.S Card. « Xenocide – Le cycle d’Ender. »

La voix des morts par Orson Scott Card

Fiche de La voix des morts

Titre : La voix des morts (Tome 2 sur 4 – Le cycle d’Ender)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1986
Traduction : D. Lemoine
Editeur : J’ai lu

Première page de La voix des morts

« En l’an 1830, après la constitution du Congrès Stellaire, un vaisseau éclaireur automatisé transmit un rapport par ansible : La planète qu’il examinait entrait tout à fait dans le cadre des paramètres de l’existence humaine. La planète la plus proche ayant un problème de population était Bahia : le Congrès Stellaire lui accorda une autorisation d’exploration.

Ainsi, les premiers êtres humains qui posèrent le pied sur ce nouveau monde parlaient portugais, étaient de culture brésilienne et de religion catholique. En 1886, ils descendirent de leur navette, se signèrent et baptisèrent la planète : Lusitania, ancien nom du Portugal. Ils entreprirent de répertorier la flore et la faune. Cinq jours plus tard, ils constatèrent que les petits animaux des forêts qu’ils avaient appelés porquinhos – petits cochons – n’étaient absolument pas des animaux.

Pour la première fois, depuis le Xénocide des Doryphores par le monstrueux Ender, les êtres humains avaient découvert des êtres intelligents. »

Extrait de : O.S Card. « La voix des morts – Le cycle d’Ender. »

La stratégie Ender par Orson Scott Card

Fiche de La stratégie Ender

Titre : La stratégie Ender (Tome 1 sur 4 – Le cycle d’Ender)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1977
Traduction : D. Lemoine
Editeur : J’ai lu

Première page de La stratégie Ender

« La femme responsable du moniteur sourit avec beaucoup de gentillesse, lui ébouriffa les cheveux et dit :

— Andrew, je présume que tu en as plus qu’assez de cet horrible moniteur. Eh bien, je vais t’annoncer une bonne nouvelle. Le moniteur va disparaître aujourd’hui même. Nous allons le retirer, tout simplement, et tu ne sentiras rien du tout.

Ender hocha la tête. Elle avait menti, bien entendu, en disant qu’il ne sentirait rien. Mais, comme les adultes disaient toujours cela lorsqu’ils allaient lui faire mal, il pouvait estimer que cette affirmation était une prédiction exacte de l’avenir. Parfois, il était plus facile de se fier aux mensonges qu’à la vérité.

— Alors, Andrew, viens t’asseoir sur la table d’auscultation, si tu veux bien. Le docteur arrivera
dans un moment. »

Extrait de : O.S Card. « La Stratégie Ender – Le cycle d’Ender. »

La première loi – intégrale par Joe Abercrombie

Fiche de La première loi – intégrale

Titre : La première loi – intégrale
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution :
Traduction : B. Mariot, M. Ssossé
Editeur : Bragelonne

Sommaire de La première loi – intégrale

  • Premier sang
  • Haut et court
  • Dernier combat

Première page de Premier sang

« Logen s’élança à travers les arbres. Ses pieds nus glissaient sur la terre mouillée, la neige à moitié fondue et les aiguilles de pin humides. Un souffle rauque raclait sa poitrine, son sang battait contre ses tempes. Il trébucha et s’étala, manquant de s’ouvrir le torse avec sa propre hache. Haletant, il resta allongé à observer la forêt baignée dans l’ombre.
Il était sûr que Renifleur le talonnait quelques instants plus tôt, mais il n’y avait maintenant plus aucun signe de sa présence. Quant aux autres… qu’étaient-ils devenus ? Pas brillant pour un chef d’être ainsi séparé de ses compagnons ! Il aurait dû essayer de retourner là-bas, mais les Shanka l’encerclaient. Il les sentait se déplacer entre les arbres, leur odeur lui emplissait les narines. Il avait l’impression d’entendre des cris sur sa gauche… peut-être se battait-on ! Comme il se redressait avec la plus grande discrétion, Logen entendit une branche se briser. Il fit volte-face. »

Extrait de : J. Abercrombie. « La Première Loi – Intégrale. »

La mer éclatée – intégrale par Joe Abercrombie

Fiche de La mer éclatée – intégrale

Titre : La mer éclatée – intégrale
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2016
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Sommaire de La mer éclatée – intégrale

  • La moitié d’un roi
  • La moitié d’un monde
  • La moitié d’une guerre

Première page de La moitié d’un roi

« La tempête faisait rage la nuit où Yarvi apprit qu’il était roi. Ou du moins, la moitié d’un roi.

Il soufflait un vent fureteur, comme le nommaient les Gettlandais : il s’élevait depuis père Océan en gémissant tel un damné, s’insinuait dans chaque fissure de chaque demeure pour glacer ses habitants, blottis les uns contre les autres au coin du feu.

Il faisait claquer les volets aux étroites fenêtres des quartiers de mère Gundring, trembler la porte en bois et acier dans son cadre. Il taquinait les flammes dans l’âtre, qui crachotaient de colère en retour, projetant sur les murs les sinistres ombres frémissantes des bouquets d’herbes séchées pendus au plafond ainsi que des racines que tenait mère Gundring dans ses doigts noueux.

— Et ceci ?

« Ceci » avait l’allure d’une simple motte de terre, mais Yarvi n’était pas dupe.

— De la racine de Langue-noire. »

Extrait de : J. Abercrombie. « La Mer Éclatée – L’Intégrale. »

J. Abercrombie – L’intégrale Collector par Joe Abercrombie

Fiche de L’intégrale Collector

Titre : L’intégrale Collector
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2016
Traduction : J. Parichet, B. Mariot, M. Ssossé
Editeur : Bragelonne

Sommaire de L’intégrale Collector

  • Servir froid
  • Les héros
  • Pays rouge
  • Double tranchant
  • La mer éclattée
    • La moitié d’un roi
    • La moitié d’un monde
    • La moitié d’une guerre
  • La première loi
    • Premier sang
    • Haut et court
    • Dernier combat

Double tranchant par Joe Abercrombie

Fiche de Double tranchant

Titre : Double tranchant
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2016
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Première page de Double tranchant

« — Allez ! s’écria Salem Rews, quartier-maître du premier régiment de son Auguste Majesté. Massacrez-les !

Glokta massacrait invariablement ses adversaires, que ce soit à l’entraînement d’escrime, sur le champ de bataille ou dans le cadre bien plus féroce des relations sociales.

Ses trois malheureux condisciples le poursuivaient avec aussi peu d’efficacité que les maris cocus, les créanciers ignorés ou les camarades délaissés le faisaient partout où il passait. Le sourire aux lèvres, Glokta dansait parmi eux, pleinement à la hauteur de ses réputations conjointes d’épéiste et de poseur le plus renommé de toute l’Union. Paradant entre eux, il bondissait, agile comme une sauterelle, feintait, imprévisible comme un papillon, et quand l’envie lui prenait, chargeait, vindicatif comme une guêpe contrariée.

— Faites un effort ! lança-t-il, évitant un coup malhabile puis administrant une fessée à l’un de ses assaillants, déclenchant ainsi les rires moqueurs de la foule.

— Beau spectacle ! commenta joyeusement le lord maréchal Varuz qui observait la scène depuis sa chaise pliante.

— Sacrément beau ! renchérit le colonel Kroy à sa droite. »

Extrait de : J. Abercrombie. « Double tranchant. »

Pays rouge par Joe Abercrombie

Fiche de Pays rouge

Titre : Pays rouge (Tome 3 sur 3 – Terres de sang)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2012
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Première page de Pays rouge

« — L’or… (Dans la bouche de Trist, le mot semblait un mystère insondable.) … rend les hommes fous.

Farouche acquiesça.

— Ceux qui le sont pas déjà.

Ils discutaient assis devant Le Grill de Stupfer, non pas un bordel comme on aurait pu le croire, mais la pire gargote à soixante-dix kilomètres à la ronde, et ce malgré une compétition acharnée. Farouche était installée sur les sacs chargés dans sa charrette et Trist perché sur la clôture. Il semblait ne jamais en bouger. Peut-être s’était-il enfoncé une telle écharde dans l’arrière-train qu’il en était incapable. Ils observaient la foule.

— Si je suis venu ici, c’est pour fuir les gens, rappela Trist.

Farouche hocha la tête.

— Quel succès…

L’été précédent, on aurait pu passer la journée en ville sans croiser deux inconnus. On aurait même pu passer la journée en ville sans croiser deux êtres vivants. Quelques mois et une mine d’or avaient renversé la situation. »

Extrait de : J. Abercrombie. « Pays rouge – Terres de sang. »

Les héros par Joe Abercrombie

Fiche de Les héros

Titre : Les héros (Tome 2 sur 3 – Terres de sang)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2011
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Première page de Les héros

« — Je suis bien trop vieux pour ça, murmura Craw qui grimaçait un pas sur deux.

Son genou lui faisait un mal de chien. Il était grand temps qu’il prenne sa retraite – plus que temps. Contempler le coucher de soleil en fumant sa pipe, le sourire aux lèvres, assis sous le porche de sa maison après une honnête journée de travail. Non qu’il eût une maison. Mais lorsqu’il en aurait une, elle serait drôlement belle.

Il se fraya un chemin à travers une brèche dans les ruines du mur, le cœur battant à tout rompre. Essoufflé d’avoir monté la colline escarpée, sans compter les croche-pieds des hautes herbes et les rafales de vent. Mais surtout, en réalité, affolé à l’idée de se faire tuer en haut. Il ne s’était jamais prétendu courageux et l’âge n’avait en rien diminué sa couardise. Étrange phénomène : moins il nous reste d’années à vivre, plus on a peur de les perdre. Peut-être qu’on reçoit à la naissance une quantité limitée de courage qui s’use à chaque écorchure.

Or, Craw avait été sacrément écorché. Et c’était loin d’être fini. »

Extrait de : J. Abercrombie. « Les Héros – Terres de sang. »

Servir froid par Joe Abercrombie

Fiche de Servir froid

Titre : Servir froid (Tome 1 sur 3 – Terres de sang)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2009
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Première page de Servir froid

« Le soleil se levait couleur sang d’encre. S’échappant de l’horizon, à l’est, il tachait de rouge le ciel sombre et marquait d’or les quelques nuages effilochés. Plus bas, la route serpentait vers le sommet de la montagne, vers la forteresse de Fontezarmo, amas de tours saillantes noir cendré se découpant dans ce ciel blessé. L’aube était rouge, noire et or.

Les couleurs de leur métier.

— Tu es particulièrement belle ce matin, Monza.

Elle soupira, comme si c’était un accident. Comme si elle n’avait pas passé une heure à se pomponner devant le miroir.

— Les faits sont les faits. Savoir les énoncer n’est pas un don. Ça prouve simplement que tu n’es pas aveugle. (Elle bâilla, s’étira sur sa selle, ce qui l’obligea à attendre encore un peu.) Mais tu peux continuer.

Il se racla bruyamment la gorge et leva une main, mauvais acteur se préparant pour sa grande tirade.

— Tes cheveux sont tel… un voile de jais scintillant. »

Extrait de : J. Abercrombie. « Servir froid – Terres de sang. »