Auteur/autrice : CH91
La moitié d’un monde par Joe Abercrombie
Fiche de La moitié d’un monde
Titre : La moitié d’un monde (Tome 2 sur 3 – La mer éclatée)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2015
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne
Première page de La moitié d’un monde
« Il n’hésita qu’un instant, mais Épine en profita pour lui balancer son bouclier dans les noix.
Malgré le brouhaha ambiant, essentiellement des acclamations en faveur de Brand, son adversaire, elle entendit celui-ci gémir.
Le père d’Épine disait toujours : La moindre pause peut causer ta mort. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire, Épine avait suivi ce principe toute sa vie. Elle montra les dents – pratique courante chez elle, après tout – et, avec un grognement, se rua de toutes ses forces sur Brand.
Dans un fracas de boucliers, elle le percuta de l’épaule et le força à reculer vers la mer, soulevant un nuage de sable. Secoué, il tenta de la frapper au visage, mais elle l’esquiva en se baissant. Elle en profita pour lui assener un coup en plein mollet, sous sa cotte de mailles trop grande. »
Extrait de : J. Abercrombie. « La mer éclatée – La moitié d’un monde. »
La moitié d’un roi par Joe Abercrombie

Fiche de La moitié d’un roi
Titre : La moitié d’un roi (Tome 1 sur 3 – La mer éclatée)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2014
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne
Première page de La moitié d’un roi
« La tempête faisait rage la nuit où Yarvi apprit qu’il était roi. Ou du moins, la moitié d’un roi.
Il soufflait un vent fureteur, comme le nommaient les Gettlandais : il s’élevait depuis père Océan en gémissant tel un damné, s’insinuait dans chaque fissure de chaque demeure pour glacer ses habitants, blottis les uns contre les autres au coin du feu.
Il faisait claquer les volets aux étroites fenêtres des quartiers de mère Gundring, trembler la porte en bois et acier dans son cadre. Il taquinait les flammes dans l’âtre, qui crachotaient de colère en retour, projetant sur les murs les sinistres ombres frémissantes des bouquets d’herbes séchées pendus au plafond ainsi que des racines que tenait mère Gundring dans ses doigts noueux.
— Et ceci ?
« Ceci » avait l’allure d’une simple motte de terre, mais Yarvi n’était pas dupe.
— De la racine de Langue-noire. »
Extrait de : J. Abercrombie. « La mer éclatée – La moitié d’un roi. »
Orson Scott Card

Présentation de Orson Scott Card :
Orson Scott Card, né le 24 août 1951 à Richland, dans l’État de Washington, est un écrivain américain prolifique dont l’œuvre a profondément marqué la science-fiction et la fantasy de la fin du XXe siècle. Connu pour sa capacité à sonder la psychologie humaine, il est le seul auteur à avoir remporté les deux prix les plus prestigieux du genre (le Hugo et le Nebula) deux années consécutives pour les mêmes séries.
Racines et formation
Issu d’une famille de pionniers mormons, Orson Scott Card grandit en Californie et dans l’Utah. Sa foi et son héritage au sein de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours imprègnent une grande partie de son travail, explorant souvent les thèmes de la communauté, du sacrifice et du salut.
Avant de se consacrer au roman, il passe deux ans au Brésil en tant que missionnaire, puis étudie le théâtre et la littérature. Il commence sa carrière en écrivant des pièces de théâtre et en travaillant comme éditeur pour des revues mormones, tout en publiant ses premières nouvelles de science-fiction à la fin des années 1970.
Le phénomène « Ender »
En 1985, il publie La Stratégie Ender (Ender’s Game), l’extension d’une nouvelle parue quelques années plus tôt. Le roman raconte l’histoire d’un enfant prodige formé dans une école militaire orbitale pour sauver l’humanité d’une invasion extraterrestre. Le livre connaît un succès phénoménal et devient une référence, tant pour son analyse de la stratégie militaire que pour sa réflexion sur l’innocence perdue.
L’année suivante, il publie la suite, La Voix des morts (Speaker for the Dead), un ouvrage radicalement différent, plus philosophique et anthropologique. En remportant le prix Hugo et le prix Nebula pour ces deux livres coup sur coup (1985 et 1986), Card réalise un exploit unique dans l’histoire de la science-fiction.
Un créateur d’univers polyvalent
Au-delà de la saga d’Ender (qu’il a complétée par la Saga de l’ombre), Orson Scott Card s’est illustré dans d’autres genres :
- La fantasy historique : Avec le cycle de Alvin le Faiseur (The Tales of Alvin Maker), il réimagine l’histoire de l’Amérique frontalière dans un monde où la magie folklorique est réelle.
- La science-fiction religieuse et épique : Avec la saga Le Retour de la Terre (Homecoming), une réinterprétation de récits bibliques transposés dans l’espace.
- Le jeu vidéo : Il a collaboré à l’écriture de titres cultes tels que The Secret of Monkey Island (pour les insultes lors des duels à l’épée) et Loom.
Style et thématiques
Le style de Card se caractérise par une prose claire et directe, mettant l’accent sur l’empathie. Ses protagonistes sont souvent des parias ou des génies isolés qui doivent porter le poids de responsabilités morales écrasantes. Il excelle à dépeindre les dilemmes éthiques et la difficulté de comprendre « l’autre », qu’il soit humain ou extraterrestre.
Controverses et vie publique
Depuis les années 2000, la figure d’Orson Scott Card est devenue controversée en raison de ses prises de position politiques et sociales, notamment son opposition publique au mariage homosexuel. Ces déclarations ont entraîné des appels au boycott de certaines de ses œuvres et de l’adaptation cinématographique de La Stratégie Ender en 2013, créant un débat complexe sur la distinction entre l’homme et l’artiste.
Il vit actuellement à Greensboro, en Caroline du Nord, où il continue d’écrire, d’enseigner l’écriture créative et de publier des chroniques dans divers journaux. Malgré les polémiques, il reste une figure incontournable de la littérature de l’imaginaire, dont les premiers chefs-d’œuvre continuent d’être étudiés dans les écoles militaires et les universités du monde entier.
Livres de Orson Scott Card :
Chroniques d’Alvin le Faiseur :
- Le septième fils (1987)
- Le prophète rouge (1988)
- L’apprenti (1989)
- Le compagnon (1995)
- Flammes de vie (1998)
- La cité de cristal (2003)
La geste Valois :
- Jason Valois (1989)
- Contes de Capitole et de la forêt des eaux (1989)
La première guerre formique :
- Avertir la Terre (2012)
- La Terre embrasée (2013)
- Terre : le réveil (2014)
La saga des ombres :
- La stratégie de l’ombre (1999)
- L’ombre de l’Hégémon (2000)
- Les marionnettes de l’ombre (2002)
- L’ombre du géant (2005)
- Les rejetons de l’ombre (2011)
Le cycle d’Ender :
- La stratégie Ender (1977)
- La voix des morts (1986)
- Xénocide (1991)
- Les enfants de l’esprit (1996)
- Ender préludes (2007)
- Ender l’exil (2008)
- Ender Wiggin – Premières rencontres (2005)
Les mages de Westil :
- La porte perdue (2011)
- Le voleur de portes (2013)
- Père des Pierre, un conte de Westil (2007)
L’observatoire du temps :
Pisteur :
- Pisteur 1A (2010)
- Pisteur 1B (2010)
- Pisteur 2A (2012)
- Pisteur 2B (2012)
- Pisteur 3A (2014)
- Pisteur 3B (2014)
Portulans de l’imaginaire :
- L’homme transformé (1990)
- Avatars (1990)
- Sonates frelatées
- Cruels miracles (1990)
Terre des origines :
- Basilica (1992)
- Le Général (1993)
- L’exode (1994)
- Le retour (1995)
- Les terriens (1995)
Abyss (1989)
Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction (1990)
Enchantement (1999)
Espoir du cerf (1983)
Le trésor dans la boîte (1996)
Les maîtres chanteurs (1980)
Patience d’Imakulata (1987)
Sonate sans accompagnement (1981)
Trahison (1988)
Une planète nommée trahison (1979)
Pour en savoir plus sur Orson Scott Card :
La page Wikipédia sur O. S. Card
La page Noosfere sur O. S. Card
La page isfdb de O. S. Card
Transition par Iain Banks

Fiche de Transition
Titre : Transition
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Imbert
Date de parution : 2009
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Transition
« Je ne suis pas ce qu’on appelle communément un narrateur digne de foi, mais reconnaissez que vous méritez votre sort si vous croyez tout ce qu’on vous raconte. Croyez-moi, c’est déjà surprenant que vous lisiez ces lignes. Et c’est sans précédent, bien sûr.
Avez-vous déjà vu un sismographe ? Vous savez, ces choses terriblement délicates et sensibles, conçues pour enregistrer les tremblements de terre, pourvues d’un long crayon arachnéen dont la pointe trace une mince ligne sur un rouleau de papier qui se déroule lentement. Imaginez maintenant l’un de ces instruments en situation normale, sans rien de notable, traçant une ligne noire droite et monotone, n’enregistrant que le calme et le silence, là, sous vos pieds, partout dans le monde. Imaginez-le soudain passer en Copperplate, le papier enchaînant les allers-retours pour suivre les élans de cette police douce et tourbillonnante (l’engin écrirait par exemple : « Je ne suis pas ce qu’on appelle communément un narrateur digne de foi… »).
Improbable, n’est-ce pas ? Faites-moi confiance, c’est encore plus improbable que j’écrive ces lignes. Et que quiconque les lise. »
Extrait de : I. Banks. « Transition. »
Retour à Stonemouth par Iain Banks

Fiche de Retour à Stonemouth
Titre : Retour à Stonemouth
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Imbert
Date de parution : 2014
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Retour à Stonemouth
« Un peu de clarté.
Ça n’aurait pas été désagréable.
Mais non. À la place, un brouillard glacial et tenace. Même pas un brouillard, d’ailleurs, juste une brume froide sur l’estuaire. Installé au milieu du pont suspendu, je domine le Firth of Stoun d’une cinquantaine de mètres, au sommet de la longue trajectoire cambrée que l’ouvrage décrit au-dessus des eaux. En bas, les brisants battus par le vent s’alignent dans le sillage du Firth, des crêtes déchiquetées tapissées de fine mousse dérivent d’est en ouest, poussées par une brise régulière. Chaque vague se forme, se brise, grossit encore, puis s’effondre à nouveau avant que d’autres crêtes ne renaissent de leurs restes pâles, telle une armée de fantômes condamnés à disparaître dans le flou de la rivière, en amont.
Derrière moi, en direction du nord, le trafic est assez dense ; des voitures passent en sifflant, des camions font trembler la chaussée et martèlent les joints des plaques asphaltées. La quasi-totalité des véhicules ont allumé leurs phares. Le soir approche et la brume s’intensifie. »
Extrait de : I. Banks. « Retour à Stonemouth. »
Les enfers virtuels 2 par Iain M. Banks

Fiche de Les enfers virtuels 2
Titre : Les enfers virtuels 2 – Détail
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Dusoulier
Date de parution : 2010
Editeur : Robert Laffont
Première page de Les enfers virtuels 2
« Pour Veppers, il n’y avait rien de pire que les losers qui réussissaient. Cela semblait lié à l’ordre des choses – sans doute à la complexité même de la vie – que parfois, quelqu’un qui ne méritait absolument rien d’autre que de faire partie des opprimés, des piétinés, de la lie de la société, se retrouve par hasard dans une position de richesse, de pouvoir et d’admiration.
Au moins, les gagnants naturels savaient comment tenir leur rang, que leur pouvoir résulte de la chance d’être nés riches et puissants, ou qu’ils soient dotés d’ambition et de talents. Les losers qui réussissaient n’étaient jamais à la hauteur. Veppers n’avait rien contre l’arrogance, bien au contraire – c’était une qualité qu’il possédait lui-même en abondance, comme on l’en avait souvent informé –, mais elle devait se mériter. Il fallait avoir travaillé pour ça. Ou du moins, qu’un ancêtre l’ait fait.
L’arrogance sans cause, l’arrogance sans accomplissement – ou celle qui prenait la chance pour un accomplissement –, était une abomination. Les losers donnaient une mauvaise image à tout le monde. Pire encore, à cause d’eux, toute cette affaire – le grand jeu qu’était la vie – semblait arbitraire et presque dénuée de sens. »
Extrait de : I.M Banks. « Les enfers virtuels 2 – Détail. »
Les enfers virtuels 1 par Iain M. Banks
Fiche de Les enfers virtuels 1
Titre : Les enfers virtuels 1 – Surface
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Dusoulier
Date de parution : 2010
Editeur : Robert Laffont
Première page de Les enfers virtuels 1
« — Celle-là pourrait nous causer des ennuis.
Elle en entendit un prononcer ces mots, à une dizaine de mètres seulement dans l’obscurité. Même à travers sa peur, sa terreur d’être ainsi traquée, pourchassée, elle ressentit un frisson d’excitation, presque de triomphe, en comprenant qu’il parlait d’elle. Oui, songea-t-elle, elle allait leur causer des ennuis. Elle avait même déjà commencé. Et en plus, ils étaient inquiets. Les chasseurs ressentent aussi une peur qui leur est propre quand ils poursuivent leur gibier. Enfin, c’était le cas pour au moins l’un des deux. L’homme qui avait parlé était Jasken, le principal garde du corps de Veppers et son chef de la sécurité. Jasken. Bien sûr. Qui d’autre cela pourrait-il être ?
— Ah, tu crois, vraiment ? dit un autre.
C’était Veppers en personne. Elle crut sentir quelque chose se tordre en elle en entendant cette voix grave et parfaitement modulée, qui n’était pour l’instant qu’un chuchotement.
— Mais d’un autre côté, poursuivit-il, ils nous causent… tous des ennuis. (Il semblait essoufflé.) Tu ne… vois rien… avec ces machins ? »
Extrait de : I.M Banks. « Les enfers virtuels 1 – Surface. »
Le seigneur des guêpes par Iain M. Banks

Fiche de Le seigneur des guêpes
Titre : Le seigneur des guêpes
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Arnaud
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le seigneur des guêpes
« J’AVAIS passé ma journée à faire la tournée des Mâts de sacrifices, quand j’ai appris que mon frère s’était échappé. En fait, je savais depuis longtemps que quelque chose allait arriver ; le Sanctuaire m’avait prévenu.
À l’extrémité septentrionale de l’île, près des ruines délabrées de la cale de halage dont le treuil rouillé grince encore quand le vent souffle à l’est, j’avais deux mâts, plantés sur le flanc de la dune la plus éloignée. À l’un d’eux étaient attachées une tête de rat et deux libellules, à l’autre, une mouette et deux souris. J’étais en train de rattacher une souris, quand des oiseaux s’élevèrent en cercle au-dessus du chemin qui serpentait entre les dunes, et longeait ainsi leurs nids. Je m’assurai que la bête tenait bien, puis me hissai au sommet de la dune pour observer ce qui se passait avec mes jumelles. »
Extrait de : I.M Banks. « Le seigneur des guêpes. »
La plage de verre par Iain M. Banks

Fiche de La plage de verre
Titre : La plage de verre
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : B. Sigaud
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir
Première page de La plage de verre
« Elle appuya son menton sur le bois en dessous de la fenêtre. Il était froid et luisant. Elle s’agenouilla sur le siège ; il avait une odeur différente du bois. Le siège était large, et rouge comme le soleil couchant ; il avait plein de petits boutons qui le ridaient profondément et le faisaient ressembler au ventre de quelqu’un. Le ciel était sombre, les lumières étaient allumées dans le téléphérique. Des gens skiaient sur les pentes raides en dessous. Elle voyait son propre visage la narguer dans le miroir de la vitre ; elle commença à se faire des grimaces.
Au bout d’un moment, la vitre devant son nez s’embua. Elle tendit la main et la nettoya. Quelqu’un, dans une cabine descendante, lui fit signe. Elle l’ignora. Les collines et les arbres blancs s’inclinèrent lentement vers l’arrière, puis vers l’avant. »
Extrait de : I.M Banks. « La plage de verre. »
L’algébriste par Iain M. Banks

Fiche de L’algébriste
Titre : L’algébriste
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : N. Savic
Date de parution : 2004
Editeur : Bragelonne
Première page de L’algébriste
« J’ai une histoire à vous raconter. Elle a plusieurs débuts et peut-être une seule fin. Ou peut-être pas. Les débuts et les fins sont des artifices contingents, des inventions. Où les histoires commencent-elles ? Il y a toujours un contexte, une épopée plus vaste dans laquelle s’inscrit l’intrigue. À moins bien sûr de débuter chaque récit par : « BANG ! Expansion ! Sssss…» et de raconter en détail la naissance de l’univers jusqu’au moment où débute l’aventure qui nous intéresse. De même, aucun dénouement n’est final, sauf à considérer qu’il est la fin de tout…
Quoi qu’il en soit, j’ai une histoire à vous raconter. Le rôle que j’y joue est tellement infime que je n’ai pas jugé nécessaire de me doter d’un nom propre. C’eût été présomptueux de ma part. Néanmoins, j’étais là. Au tout début de l’un de ses commencements.
À ce qu’on dit, vue du ciel, la Maison d’Automne ressemble à un flocon géant gris et rose à moitié enfoncé dans de vertes collines chiffonnées. Elle est sise sur l’escarpement long et peu élevé qui figure la frontière sud des Hautes Terres du tropique nord. »
Extrait de : I.M Banks. « L’Algébriste. »