Auteur/autrice : CH91
La terre de Tom Tiddler par Charles Dickens

Fiche de La terre de Tom Tiddler
Titre : La terre de Tom Tiddler
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1890
Traduction :
Editeur : BNF
Première page de La terre de Tom Tiddler
« — Et pourquoi appelle-t-on cela la terre de Tom Tiddler ? demanda le voyageur.
— Parce qu’il jette des sous aux mendiants et aux vagabonds qui, naturellement, les ramassent, répondit l’aubergiste. Et comme il fait cette aumône sur sa propre terre qui était, vous le remarquerez, avant d’être à lui, celle de sa famille, vous n’avez qu’à considérer les sous comme de l’or ou de l’argent et à changer le nom de la propriété en celui du propriétaire et vous saurez sur le bout de vos doigts le nom de la plaisanterie des
enfants, et cela est juste aussi, dit l’aubergiste, avec son habitude favorite de regarder dans l’espace à travers la table et la croisée, par-dessous la jalousie à moitié tirée. Du moins, cela était considéré ainsi par plusieurs des gentlemen qui ont pris des tasses de thé dans cette humble salle.
Le voyageur en ce moment prenait le thé avec l’aubergiste qui tirait directement à boulet rouge sur lui. »
Extrait de : C. Dickens. « La Terre de Tom Tiddler. »
La maison hantée par Charles Dickens

Fiche de La maison hantée
Titre : La maison hantée
Auteur : Charles Dickens, Wilkie Collins, George Augustus Sala, Elizabeth Gaskell, Hesba Shelton, Adelaide Procter
Date de parution : 1892
Traduction :
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de La maison hantée :
- Les mortels dans la maison
- L’esprit de la chambre de l’horloge
- L’esprit de la double chambre
- L’esprit de la chambre des tableaux
- L’esprit de la chambre aux armoires
- L’esprit de la chambre de M. B***
- L’esprit de la chambre du coin
Première page de Les mortels dans la maison
« C’est sans aucun des accessoires attribués aux revenants, et sans être environné des prestiges habituels aux apparitions, que j’ai fait pour la première fois connaissance avec la maison, qui est le sujet de ce conte de Noël.
Je la vis au grand jour, éclairée par un beau soleil. Il n’y avait ni vent, ni pluie, ni éclairs, ni tonnerre, ni circonstances terribles ou extraordinaires d’aucune espèce, pour ajouter à son effet. Bien plus, comme elle n’était qu’à un mille de la gare du chemin de fer, je m’y étais rendu directement, et pendant que j’attendais devant la maison et regardais le chemin par lequel j’étais venu, je vis le train de marchandises qui s’avançait doucement en suivant le remblai dans la vallée. Je ne dirai pas que toutes choses étaient tout à fait selon la règle ordinaire, parce que je me demande si n’importe quoi peut l’être excepté pour des gens tout à fait vulgaires, et ma vanité me suggère ce doute ; mais je prendrai sur moi de dire que tout le monde aurait pu voir cette maison, comme je la vis, par cette belle matinée d’automne. »
Extrait de : C. Dickens. « La Maison Hantée. »
L’embranchement de Mugby par Charles Dickens

Fiche de L’embranchement de Mugby
Titre : L’embranchement de Mugby
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1879
Traduction : T. Bentzon
Editeur : BNF
Première page de L’embranchement de Mugby
« Monsieur l’employé ! où sommes-nous donc ?
– À l’embranchement de Mugby, monsieur.
– Il est bien éventé, ce me semble ?
– Oh ! oui, monsieur, il l’est beaucoup en général.
– La nuit est-elle encore pluvieuse ?
– Oui, il pleut à verse.
– Ouvrez-moi la porte, je veux descendre.
– Vous avez trois minutes d’arrêt, » dit l’employé tout ruisselant d’eau, en regardant à la lueur de sa lanterne le cadran de sa montre qui semblait avoir pleuré, tant il était inondé de gouttes de pluie.
« Trois minutes ! un peu plus, je pense, répondit le voyageur, car je ne continue pas. »
Extrait de : C. Dickens. « L’Embranchement de Mugby. »
Le coeur de Tolosa par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le coeur de Tolosa
Titre : Le coeur de Tolosa (tome 5 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2010
Editeur : Nouvel angle
Première page de Le coeur de Tolosa
« C’est par un de ces matins dont la Garonne a le secret, encore froid d’un reste d’hiver, mais où le printemps glisse déjà ses promesses de douceur, que Louis et Matthieu découvrirent Tolosa, tel un joyau en son écrin.
Toute la nuit, en pelisse de loup, ils avaient avalé les lieues, tantôt sur deux pattes, tantôt sur quatre, traversé vallons, grimpé collines, filé à travers champs et forêts, sans jamais ralentir.
Pas une fois ils ne s’étaient arrêtés, ombres hirsutes, le pelage alourdi d’humidité, de ce brouillard doué à vous glacer le râble que sait si bien faire l’hiver en ce pays sans neige. »
Extrait de : JL Marcastel. « Le coeur de Tolosa – Louis Le Galoup. »
La cité de pierre par Jean-Luc Marcastel

Fiche de La cité de pierre
Titre : La cité de pierre (tome 4 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2010
Editeur : Nouvel angle
Première page de La cité de pierre
« Ils n’étaient guère vaillants, les quatre voyageurs, dans la bise glaciale à en saisir ours sur pied, quand ils toquèrent à la porte de Maistre Raymond.
À leur décharge, il faut avouer que la nuit avait été longue, de celles qui valent des jours entiers, et pas les meilleurs, dont on ne garde aucun bon souvenir, même à en essorer chaque seconde.
Pas une halte, depuis leur départ, alors que l’incendie dévorait les Tours de Merle et leur maître dans un même holocauste.
Bois ou champs, neige dure ou neige molle, rien ne les avait ralentis, ni ne leur avait été épargné.
Toujours en tête, à le croire infatigable, forgé à même l’endurance, le galoup blanc les poussait de l’avant.
Qu’ils perdent le rythme, pour reprendre un peu ce souffle qui les fuyait, il les houspillait d’un bon coup de gueule ou d’un regard plus explicite que tous les discours. »
Extrait de : JL Marcastel. « La cite de pierre – Louis Le Galoup. »
Le maître des tours de Merle par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le maître des tours de Merle
Titre : Le maître des tours de Merle (tome 3 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Nouvel angle
Première page de Le maître des tours de Merle
« Non ! Non ! Et non ! »
Ils avaient beau sortir d’un joli minois, ces mots-là, ils n’avaient rien de doux ou de rieurs.
C’étaient des batailleurs, des qui partaient en guerre. Des mots qui faisaient mal.
Celle qui les jetait ainsi, ces brassées de syllabes emportées, arpentait ce bout de clairière comme loup en cage. Autour de son visage, flambée de colère, ses cheveux rouquins crépitaient en mèches querelleuses.
Elle était jeunotte, la mignonne, mais dans ce petit matin encore tout abruti de froid nocturne, elle remuait bien assez de contrariété pour réveiller tout le sous-bois.
Autour d’elle, forcés de subir son humeur massacrante, se tenaient quatre autres personnages.
Les deux premiers, les plus âgés, trente hivers bien tassés, se tenaient assis dans l’herbe encore humide de nuit.
Un homme et une femme, mais de ceux qu’on ne pouvait confondre avec d’autres.
Lui, tout en force et en angles, la silhouette comme dégrossie à grands coups dans un tronc de chêne noueux, vous montrait un visage aussi franc qu’austère et pauvre de tignasse. »
Extrait de : JL Marcastel. « Le maitre des tours de Merle – Louis Le Galoup. »
Les nuits d’Aurillac par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Les nuits d’Aurillac
Titre : Les nuits d’Aurillac (tome 2 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Nouvel angle
Première page de Les nuits d’Aurillac
« Gras à neige, le ventre blanc traînant presque jusqu’à terre, les nuages rampaient aux sommets des collines quand Louis, Séverin et la Roussotte atteignirent enfin les murailles d’Aurillac.
Ils avaient piètre allure, les trois compagnons, sur la route détrempée.
Les pieds chaussés de boue collante, ventousés au sol à chaque pas, la tête basse, le cheveu empoissé de pluie, ils avançaient lentement. Toute la misère du monde aurait pu s’accrocher à leurs talons.
À les voir ainsi, le dos rond contre le froid, les bragues amidonnées d’eau leur faisant seconde peau, on les aurait crus chatons affamés sortant d’une mare.
Le regard, ils le gardaient rivé au chemin. L’averse qui leur battait le crâne y était pour quelque chose, mais elle n’était pas seule à leur appuyer ainsi sur la nuque. »
Extrait de : JL Marcastel. « Les nuits d’Aurillac – Louis Le Galoup. »
Le village au bout du monde par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le village au bout du monde
Titre : Le village au bout du monde (tome 1 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Nouvel angle
Première page de Le village au bout du monde
« IL Y AVAIT un village, là-haut dans les montagnes Oh ! Ce n’était pas un grand village, juste quelques maisons agrippées au pied des pentes. Quelques pustules de pierre poussées au milieu de champs rabougris à l’herbe rare et sèche.
La vie y était dure alors. La vallée, surtout à cette altitude, n’était pas tendre pour ceux qui s’y accrochaient.
C’est qu’elles étaient hautes, ces montagnes, et violentes aussi. À les regarder de loin, on croyait voir des dents énormes prêtes à croquer une bonne portion de ciel.
Quant aux hivers, mieux valait ne pas y penser. La neige tombait drue ici, et tôt. Fin septembre, déjà, les premières gelées faisaient virer les forêts du vert au brun, en une seule nuit.
Même les rochers qui tapissaient les pentes tondues ne résistaient pas au froid. Certaines nuits, on entendait la pierre éclater et se fendre comme un caillou sous le marteau du tailleur.
Ça, l’hiver, on connaissait par ici. Il commençait en octobre pour ne finir qu’en mai de l’année suivante, et encore de mauvaise grâce. »
Extrait de : JL Marcastel. « Le village au bout du monde – Louis Le Galoup. »
Le bestiaire d’Axlin par Laura Gallego

Fiche de Le bestiaire d’Axlin
Titre : Le bestiaire d’Axlin (tome 1 sur 3 – Les gardiens de la citadelle)
Auteur : Laura Gallego
Date de parution : 2018
Traduction : A. Cohen Beucher
Editeur : Editions Saxo
Première page de Le bestiaire d’Axlin
« Dans les cauchemars d’Axlin, ils étaient six : équidards, peluches, londoigts, racineux, perceurs et voleurdos. D’aussi loin qu’elle s’en souvienne. Et elle ne se serait jamais imaginé que de pires horreurs pouvaient exister au-delà de l’enclave fortifiée dans laquelle elle vivait.
Cependant, sa vision du monde changea le jour où elle rencontra Ixa et Rauxan.
À cette époque, Axlin avait neuf ans et déjà des responsabilités dans sa communauté. Quand les sentinelles annoncèrent l’approche de visiteurs, elle posa à terre le panier à moitié rempli de pois qu’elle était en train de récolter, et courut jusqu’à l’entrée avec les autres enfants. Comme d’habitude, sa claudication la fit arriver bonne dernière, mais personne n’y prêta attention.
Les adultes maintinrent les enfants à une distance prudente de l’entrée, même si les sentinelles n’ouvraient jamais le portail intérieur sans avoir préalablement fermé celui extérieur. Les enfants attendirent, obéissants et curieux. Ils recevaient très peu de visites ; en général, seulement des colporteurs qui risquaient leur vie en voyageant entre les enclaves pour vendre des objets, de la nourriture et du matériel qu’il n’était pas facile de se procurer ailleurs. »
Extrait de : L. Gallego. « Les Gardiens de la Citadelle – Le Bestiaire d’Axlin. »
La harpiste des terres rouges par Aurélie Wellenstein

Fiche de La harpiste des terres rouges
Titre : La harpiste des terres rouges
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2024
Editeur : Fleuve Editions
Première page de La harpiste des terres rouges
« Depuis ce qui lui semblait une éternité, Jarod fixait le rideau rouge du théâtre. Il en oubliait de cligner des paupières. Ses yeux étaient secs et douloureux.
Comme à peu près tous les autres spectateurs massés dans la salle, il haïssait les représentations, mais la musique qui montait de l’orchestre les contraignait à s’asseoir, à ne pas bouger, à regarder. Et ces derniers temps, la Harpiste multipliait les spectacles.
La tête de Jarod pivota lentement sur son cou crispé, luttant contre le pouvoir paralysant de la musique. La jeune fille à la chemise à carreaux était assise à côté de lui. Il la trouvait plutôt jolie avec ses cheveux lisses et noirs, coupés au carré, qui encadraient son visage délicat. Pas bien grande et amaigrie par les semaines d’emprisonnement, elle ressemblait à un petit oiseau fragile perché sur le gradin. Elle regardait fixement la scène, les yeux grands ouverts. Des larmes coulaient en silence sur ses joues.
Ça ira, pensa-t-il à son intention. Ce n’est pas toi sur cette scène. Ce n’est pas moi non plus. Alors, ça ira. On vivra au moins un jour de plus.
Elle n’entendait rien de ses pensées, bien sûr. Tout au plus sentait-elle son bras qui appuyait légèrement contre le sien, en un soutien muet… Leurs peaux contrastaient, blanche pour elle, brun foncé pour lui. »
Extrait de : A. Wellenstein. « La Harpiste des Terres rouges. »