Étiquette : auteur-Glukhovsky
Texto par Dmitry Glukhovsky

Fiche de Texto
Titre : Texto
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Date de parution : 2017
Traduction : D.E Savine
Editeur : L’Atalante
Première page de Texto
« La fenêtre laissait voir une palissade continue de sapins brouillée par les parasites blancs de la tempête de neige ; les poteaux télégraphiques défilaient comme les premiers plans d’un film en noir et blanc. C’était la Russie qu’on montrait par la vitre, toujours la même depuis Solikamsk : les sapins, la neige, les poteaux, puis une clairière avec des isbas ratatinées, une gare avec, en arrière-plan, des bâtiments anémiques à un étage aux parements de silicate, et de nouveau une forêt infranchissable d’un million de sapins plantés si dru le long des voies qu’on aurait dit un mur de barbelés. C’était dans cette construction naturelle répétée à l’infini que résidaient la puissance, la grandeur et la beauté du pays qui s’étendait par-delà la vitre. Une putain de beauté, ouais !
— Qu’est-ce que tu vas faire ?
— Je vais vivre. Tu ferais quoi, toi ?
— Je le buterais.
— Eh ouais. Moi, je lui ai pardonné. Je veux vivre, maintenant. Dis, tu peux me filer ton téléphone, une seconde ? J’sais pas pourquoi, mais ma mère ne répond pas. »
Extrait de : D. Glukhovsky. « Texto. »
Sumerki par Dmitry Glukhovsky

Fiche de Sumerki
Titre : Sumerki
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Date de parution : 2009
Traduction : D.E Savine
Editeur : L’Atalante
Première page de Sumerki
« Une question avant de m’endormir : où se trouve la rue Itzamna à Moscou ?
À y réfléchir posément, il n’y a pas de place dans cette ville pour des avenues, des boulevards ou des esplanades baptisées en l’honneur de divinités mayas. Pourtant, je tiens dans la main une note qui mentionne le « 23, rue Itzamna », où l’on m’attend. Et de ma capacité à trouver rapidement cette rue dépend rien de moins que mon destin.
Il est naïf de croire que les cartes et les atlas automobiles recensent de manière exhaustive toutes les ruelles et tous les bâtiments moscovites. Cette ville regorge d’endroits secrets. Pourtant, l’espoir de découvrir la rue dédiée à l’aîné des dieux du panthéon maya est vissé en moi et je continue à promener la loupe au-dessus de la grande carte topographique de la capitale. »
Extrait de : D. Glukhovsky. «Sumerki. »
Nouvelles de la mère patrie par Dmitry Glukhovsky

Fiche de Nouvelles de la mère patrie
Titre : Nouvelles de la mère patrie
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Date de parution : 2010
Traduction : D.E Savine, J. Vanidze
Editeur : L’Atalante
Sommaire de Nouvelles de la mère patrie :
- From hell
- Tout a un prix
- Prothèse
- Panspermie
- Avant l’accalmie
- Une bonne action
- A chacun son destin
- Les informations qui comptent
- Parois ils reviennent…
- Utopia
- Une pour tous
- Apparition
- Toucher le fond
- Deus ex machina
- Pas de ce monde
- Avant et après
Première page de From hell
« — Mikhaïl Semenovitch ! Professeur Stein ! Réveillez-vous ! Il faut que vous voyiez ça…
L’assistant secouait le professeur en le tenant fermement par l’épaule.
Ce dernier émit un son inarticulé et lui tourna le dos. Il n’y avait rien à voir dans cette folle expédition à la manque. Rien d’autre que des moucherons avides de sang, capables de dévorer une vache entière en dix minutes. Rien d’autre que des moustiques de la taille d’un molosse, de la sueur et de la vodka. Sans oublier la poussière, la boue et la caillasse.
Quelle idée d’y être allé à l’âge de la retraite !
— D’gage, lança-t-il à son assistant.
— Mikhaïl Semenovitch, insista l’autre. Mikhaïl Semenovitch ! Le foret s’est engouffré sous terre ! Et nous avons trouvé quelque chose !
Le professeur ouvrit les yeux. La toile de la tente laissait filtrer les premiers rayons du soleil levant. Près de lui, gisaient une boîte d’analgésiques, un verre à vodka grossier ainsi que son épais cahier aux pages noircies de calculs théoriques. Une fois l’expédition terminée, il serait quitte pour les hacher menu, les assaisonner d’huile et les bâfrer. Que de temps gâché ! Car si jamais Stein avait l’audace de présenter ses théories devant l’Académie des sciences, ses adversaires lui introduiraient ce cahier dans le corps à leur manière. Par voie rectale. »
Extrait de : D. Glukhovsky. « Nouvelles de la mère patrie. »
L’avant-poste par Dmitry Glukhovsky

Fiche de L’avant-poste
Titre : L’avant-poste
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Date de parution : 2022
Traduction : R. Pache
Editeur : Robert Laffont
Première page de L’avant-poste
« — Qu’est-ce qu’il y a, de l’autre côté du pont ?
Egor doit bien poser la question pour la millième fois… et il ne s’en lasse pas, car la réponse est chaque fois différente.
L’immense pont s’enfonce dans une vase glauque, dans un épais brouillard empoisonné, s’y dissout peu à peu et disparaît complètement à une vingtaine de mètres de la rive. Parfois, le vent souffle sur ce magma, pour tenter de le disperser. Sans succès.
Le voile verdâtre ne se soulève qu’à peine, et derrière lui, on voit la même chose : des rails rouillés, des poutres et des poutrelles rouillées, envahies par quelque chose de rouge qui ressemble à des algues sans être des algues ; quelque chose qui ondule, qu’il y ait du vent ou qu’il n’y en ait pas.
Le brouillard ne peut être dissipé, parce qu’il monte du fleuve. Le brouillard est la respiration même du fleuve, lent, écumeux… malade.
On ne voit pas non plus le fleuve depuis la rive : l’endroit où les piliers bétonnés du pont s’enfoncent est dissimulé par la brume. En revanche, on l’entend, même à travers le brouillard – ses bruits de déglutition, ses clapotis, ses gargouillis. »
Extrait de : D. Glukhovsky. « L’Avant-poste. »
Futu.re par Dmitry Glukhovsky

Fiche de Futu.re
Titre : Futu.re
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Date de parution : 2013
Traduction : D.E Savine
Editeur : L’Atalante
Première page de Futu.re
« L’ascenseur, c’est un engin formidable, me dis-je. Et les raisons de s’en extasier sont légion.
En voyageant à l’horizontale, on sait toujours où l’on va arriver ; mais, lors d’un déplacement vertical, on peut se retrouver n’importe où.
Des directions, il n’y en a que deux : vers le haut et vers le bas, mais il est impossible de prévoir le spectacle que révéleront les vantaux coulissants à leur ouverture. Des zoos infinis de bureaux et leurs employés enfermés dans des cages, un paysage champêtre idyllique aux pâtres insouciants, des fermes de sauterelles, un hangar où se dresse une Notre-Dame solitaire et décrépite, des quartiers pauvres nauséabonds où chacun dispose de mille centimètres carrés pour vivre, une piscine au bord de la Méditerranée ou tout simplement des entrelacs de couloirs de service étriqués. Certains niveaux sont accessibles à tout un chacun, sur d’autres les ascenseurs n’ouvrent pas leurs portes par hasard, d’autres encore sont ignorés de tous, à l’exception des concepteurs des tours.
Les tours sont assez hautes pour percer les nuages, et leurs racines, qui plongent dans la terre, sont encore plus démesurées. Les chrétiens affirment que certains ascenseurs de la tour qui se dresse à l’emplacement du Vatican font des allers-retours vers l’Enfer et que d’autres offrent une ligne directe vers le Paradis. »
Extrait de : D. Glukhovsky. « Futu.re. »
Metro 2035 par Dmitry Glukhovsky

Fiche de Metro 2035
Titre : Metro 2035 (Tome 3 sur 3 – Metro)
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Date de parution : 2015
Traduction : D.E Savine
Editeur : L’Atalante
Première page de Metro 2035
« — C’est interdit, Artyom.
— Ouvre. Allez, ouvre, je te dis.
— Le chef de la station a dit… Il a dit de ne laisser sortir personne.
— Tu me prends pour un imbécile, c’est ça ? Qui ça, personne ? Comment ça, personne ?
— J’ai des ordres, moi ! En vue de protéger la station… contre les radiations… je ne dois pas ouvrir. J’ai reçu des ordres. Tu comprends ?
— C’est Soukhoï qui t’a donné cet ordre ? Mon père adoptif ? Allez, ouvre.
— Je vais me faire taper sur la tête par ta faute, Artyom…
— Eh bien, je vais le faire moi-même puisque tu ne le peux pas.
— Allô… Sanseïtch… Je vous appelle du poste de garde… Y a votre Artyom qui est là. Qu’est-ce que j’en fais ? D’accord. On attend.
— T’as fait ton petit rapport, hein ? Bravo, Nikita. T’as cafté. Dégage ! C’est pas ça qui va m’arrêter. Je remonterai de toute façon ! »
Extrait de : D. Glukhovsky. « Métro 2035. »
Metro 2034 par Dmitry Glukhovsky

Fiche de Metro 2034
Titre : Metro 2034 (Tome 2 sur 3 – Metro)
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Date de parution : 2009
Traduction : D.E Savine
Editeur : L’Atalante
Première page de Metro 2034
« Année 2034.
Le monde gît en ruine. L’humanité est presque annihilée. Les radiations rendent les décombres des mégapoles inhabitables et par-delà leurs limites, à en croire les ouï-dire, s’étendent à l’infini des terres calcinées et de profondes forêts à la faune et à la flore mutées. Nul ne peut décrire ce qui s’y trouve avec certitude.
La civilisation s’éteint. La mémoire de la grandeur passée de l’humanité se pare de fables pour devenir légende. Plus de vingt ans ont passé depuis que le dernier avion s’est arraché du tarmac. Les rails rongés de rouille ne mènent nulle part. Les grands projets architecturaux, jamais achevés, retombent en poussière. Les ondes sont silencieuses et les officiers des communications n’entendent que du bruit blanc quand ils balayent les fréquences sur lesquelles hurlaient jadis New York, Paris, Tokyo et Buenos Aires.
Vingt petites années seulement depuis que c’est arrivé, mais l’homme n’est plus le maître des lieux sur Terre. Des organismes engendrés par les radiations sont bien mieux adaptés que lui pour vivre dans ce nouvel environnement. L’ère de l’humanité s’achève. »
Extrait de : D. Glukhovsky. « Métro 2034. »
Metro 2033 par Dmitry Glukhovsky

Fiche de Metro 2033
Titre : Metro 2033 (Tome 1 sur 3 – Metro)
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Date de parution : 2007
Traduction : D.E Savine
Editeur : L’Atalante
Première page de Metro 2033
« — C’est quoi, ce bruit ? Hé, Artyom ! Jette un œil !
À contrecœur, Artyom quitta sa place près du feu et, rabattant sur sa poitrine la mitraillette qui lui pendait en bandoulière, se dirigea vers les ténèbres. À la limite de l’espace éclairé, il fit jouer bruyamment le levier d’armement et cria d’une voix rauque :
— Halte ! Qui va là ?
Dans l’obscurité devant lui, d’où s’échappaient encore une minute plus tôt des bruissements étranges et des borborygmes assourdis, résonnèrent distinctement des pas précipités. Quelqu’un battait en retraite vers les profondeurs du tunnel, effrayé par la voix enrouée d’Artyom et le cliquetis de l’arme. Sans attendre, le jeune homme retourna près du feu et lança à Piotr Andreïevitch :
— Bah, j’ai vu personne. Il n’a rien dit. Il s’est barré.
— Quelle buse ! On t’a dit : pose pas de questions, tire ! Comment tu veux savoir à qui t’as affaire ? C’est peut-être les Noirs qui rappliquent.
— Non… Je ne pense pas que le truc était humanoïde… Les pas résonnaient trop bizarrement… J’aurais reconnu des pas humains, tout de même ! Et puis, si ç’avait été les Noirs, est-ce qu’on les a vus fuir ne serait-ce qu’une seule fois ? »
Extrait de : D. Glukhovsky. « Metro 2033. »
Dmitry Glukhovsky

Présentation de Dmitry Glukhovsky :
Dmitri Gloukhovski, qui vit le jour au mois de juin de l’an 1979 dans la majestueuse capitale moscovite, s’est hissé au premier rang des maîtres contemporains de l’anticipation et du roman conjectural. Signalons d’emblée à nos lecteurs, soucieux du bon usage, que si les gazettes internationales emploient volontiers la transcription anglo-saxonne « Dmitry Glukhovsky », nos presses parisiennes ont fort sagement opté pour la graphie « Dmitri Gloukhovski », se pliant ainsi aux justes règles de la phonétique française pour rendre fidèlement les inflexions de l’alphabet cyrillique.
Avant de s’adonner tout entier aux joies de la fiction, ce fin lettré, qui maîtrise une abondance de langues étrangères, parcourut le vaste monde en qualité de grand reporter. Pourtant, c’est par la puissance de son imagination qu’il allait durablement marquer notre paysage littéraire. Dès l’aube de sa carrière, il eut l’ingénieuse idée de soumettre ses premiers textes au jugement de ses lecteurs par le truchement des réseaux informatiques, une démarche d’une modernité confondante qui aboutit, en 2005, à la publication sur papier de son œuvre maîtresse : « Métro 2033 ».
Dans cette fresque magistrale et crépusculaire, le romancier nous dépeint une humanité réduite à se terrer dans les entrailles du métropolitain de Moscou, fuyant la surface d’une Terre ravagée par un cataclysme nucléaire. Chaque station y devient une cité-état, avec ses croyances, ses marchands et ses périls. Loin du simple récit d’épouvante, Dmitri Gloukhovski y bâtit une véritable épopée souterraine, explorant avec une grande acuité psychologique les espoirs et les angoisses de la condition humaine. Ce coup de maître, salué par un succès de librairie retentissant, engendra deux suites fort prisées, « Métro 2034 » et « Métro 2035 », qui parachevèrent la réputation de leur auteur.
Loin de se laisser enfermer dans les sombres tunnels de cette seule saga, l’écrivain s’est également illustré par d’autres ouvrages d’une grande vigueur romanesque. Avec « Crépuscule » (paru originellement sous le titre « Sumerki »), il livre un suspense teinté de mysticisme autour de la traduction d’un antique grimoire maya. Plus récemment, sa plume incisive nous a offert « Futu.re », un vertigineux roman d’avertissement dans lequel il imagine une société européenne condamnée à la surpopulation pour avoir vaincu la mort ; une fable d’une sombre poésie qui n’est pas sans rappeler les grandes heures du roman dystopique.
Se tenant à bonne distance du tumulte des affaires publiques et de la chronique politique de son temps, pour ne laisser s’exprimer que la pure sève de son art, Dmitri Gloukhovski prouve que la littérature slave conserve cette formidable capacité à sonder les abîmes de l’âme. Il s’affirme aujourd’hui comme un digne héritier des grands visionnaires de l’anticipation, offrant au public des œuvres d’une profondeur et d’une ingéniosité peu communes.
Livres de Dmitry Glukhovsky :
Métro :
- Métro 2033 (2007)
- Métro 2034 (2009)
- Métro 2035 (2015)
Futu.Re (2013)
L’avant-poste (2022)
Nouvelles de la mère patrie (2010)
Sumerki (2009)
Texto (2017)
Pour en savoir plus sur Dmitry Glukhovsky :
La page Wikipédia sur D. Glukhovsky
La page Noosfere sur D. Glukhovsky
La page isfdb de D. Glukhovsky