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Profils du futur par Arthur C. Clarke

Fiche de Profils du futur
Titre : Profils du futur
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1964
Traduction : G. Dormann
Editeur : Gateway
Première page de Profils du futur
« Il est impossible de prédire l’avenir, et toutes les tentatives de le faire de manière détaillée apparaissent ridicules en l’espace de quelques années. Ce livre a un objectif plus réaliste et en même temps plus ambitieux. Il ne cherche pas à décrire l’avenir, mais à définir les limites à l’intérieur desquelles les futurs possibles doivent se situer. Si nous considérons les âges qui s’étendent devant nous comme un pays non cartographié et non exploré, ce que j’essaie de faire, c’est d’arpenter ses frontières et d’avoir une idée de son étendue. La géographie détaillée de l’intérieur doit rester inconnue – jusqu’à ce que nous l’atteignions.
À quelques exceptions près, je me limite à un seul aspect de l’avenir – sa technologie, et non la société qui sera fondée sur elle. Cette limitation n’est pas aussi importante qu’il n’y paraît, car la science dominera l’avenir encore plus qu’elle ne domine le présent. En outre, c’est seulement dans ce domaine que la prédiction est possible ; il existe des lois générales régissant l’extrapolation scientifique, ce qui n’est pas le cas (selon Marx) dans le domaine de la politique ou de l’économie.
Je crois aussi – et j’espère – que la politique et l’économie cesseront d’être aussi importantes à l’avenir qu’elles l’ont été dans le passé ; le temps viendra où la plupart de nos controverses actuelles sur ces questions sembleront aussi triviales, ou aussi dénuées de sens, que les débats théologiques dans lesquels les esprits les plus vifs du Moyen-Âge dissipaient leur énergie. La politique et l’économie s’intéressent au pouvoir et à la richesse, et ni l’un ni l’autre ne devrait être la préoccupation première, et encore moins exclusive, d’hommes adultes. »
Extrait de : A.C Clarke. « Profils du futur. »
2001 l’odyssée de l’espace par Arthur C. Clarke

Fiche de 2001 l’odyssée de l’espace
Titre : 2001 l’odyssée de l’espace (Tome 1 sur 4 – L’odyssée de l’espace)
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1968
Traduction : G. Goullet
Editeur : Robert Laffont
Première page de 2001 l’odyssée de l’espace
« La sécheresse durait depuis dix millions d’années et le règne des terribles lézards avait pris fin depuis longtemps. À cet endroit de l’équateur, dans le continent qui prendrait un jour le nom d’Afrique, la lutte pour l’existence avait atteint un nouveau paroxysme de cruauté sans qu’aucun vainqueur ne se dessine encore. Dans ce paysage stérile et desséché, seuls les petits, les rapides ou les féroces pouvaient se développer, ou ne serait-ce qu’espérer survivre.
Les hommes-singes du veldt n’étant rien de tout cela, ils ne se développaient pas ; ils avaient même bien avancé sur la voie de l’extinction. Une cinquantaine d’entre eux occupait une série de cavernes au flanc d’une modeste vallée aride, divisée par une indolente petite rivière qu’alimentait la fonte des neiges de montagnes s’élevant trois cents kilomètres plus au nord. Elle s’asséchait parfois complètement, périodes de misère contraignant la tribu à vivre à l’ombre de la soif.
La tribu n’était jamais rassasiée, et mourait désormais de faim. Lorsque l’aube pâle glissa ses premières lueurs à l’intérieur de la caverne, Guette-Lune s’aperçut que son père était mort durant la nuit. S’il ignorait que l’Ancien était son père, pareille relation ne pouvant même lui effleurer l’entendement, il ressentit en regardant le corps émacié un vague trouble, l’ancêtre de la tristesse.
Les deux bébés pleurnichaient déjà de faim, mais se turent lorsque Guette-Lune leur montra les dents en grondant. Une des mères lui retourna son grognement mauvais pour défendre l’enfant qu’elle ne pouvait nourrir correctement, sans que Guette-Lune ait même la force de gifler la présomptueuse. »
Extrait de : A.C Clarke. « 2001 : L’Odyssée de l’espace – nouvelle traduction. »
Terre, planète impériale par Arthur C. Clarke
Fiche de Terre, planète impériale
Titre : Terre, planète impériale
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1975
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : J’ai lu
Première page de Terre, planète impériale
« UN CRI DANS LA NUIT
Duncan Makenzie avait dix ans lorsqu’il découvrit le numéro magique. Ce fut par pure chance ; il avait eu l’intention d’appeler Grand-maman Ellen mais il n’avait pas fait attention et ses doigts devaient avoir frappé sur les mauvaises touches. Il sut tout de suite qu’il avait fait une erreur car la vidéo de Grand-maman avait un délai de deux secondes, même sur répondeur-enregistreur. La communication fut établie instantanément. Pourtant il n’y eut ni signal ni image. L’écran demeura complètement vide sans même une moucheture d’interférence. Duncan pensa qu’il avait été mis en communication avec un canal audio seulement, ou avait atteint un poste dont la caméra était déconnectée. En tout cas, ce n’était certainement pas le numéro de Grand-maman et il avança la main pour couper la communication.
Il remarqua alors le son. Il pensa d’abord que quelqu’un respirait paisiblement dans le microphone à l’autre bout, mais il se rendit vite compte qu’il se trompait. Ce doux susurrement avait un caractère aléatoire, inhumain ; il n’avait aucun rythme régulier et il y avait de longs intervalles de complet silence. »
Extrait de : A. C. Clarke. « Terre, planète Impériale. »
Prélude à l’espace par Arthur C. Clarke
Fiche de Prélude à l’espace
Titre : Prélude à l’espace
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1951
Traduction : A. Jager, J. G. Vandel
Editeur : Fleuve noir
Première page de Prélude à l’espace
« Dirk Alexson repoussa son livre, se leva et escalada les quelques marches qui menaient au pont d’observation. C’était encore trop tôt pour apercevoir la Terre, mais la fin prochaine du voyage le surexcitait tellement qu’il ne parvenait pas à se concentrer. Parvenu auprès des hublots étroits et incurvés ménagés dans le bord d’attaque de la grande aile, il eut sous les yeux la masse amorphe de l’océan.
Il n’y avait absolument rien à voir ; de cette altitude, même les plus violentes tempêtes de l’Atlantique auraient été invisibles. Dirk contempla quelques instants la grisaille de cette morne étendue, puis il se dirigea vers le répétiteur de radar destiné aux passagers.
Le trait de lumière pivotant sur l’écran commençait déjà à éveiller des faibles échos à la limite de sa portée. La terre était là, à trois cents kilomètres devant eux et à seize au-dessous, une terre que Dirk n’avait encore jamais vue bien qu’elle lui semblât quelquefois plus proche de lui que son pays natal. »
Extrait de : A. C. Clarke. « Prélude à l’espace. »
Les prairies bleues par Arthur C. Clarke
Fiche de Les prairies bleues
Titre : Les prairies bleues
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1957
Traduction : R. Albeck
Editeur : Albin Michel
Première page de Les prairies bleues
« L’apprenti
Un tueur en liberté dans le pâturage !
La patrouille aérienne du Pacifique Sud avait aperçu le grand cadavre ballotté par les vagues qu’il teignait de cramoisi. En quelques secondes, l’alerte s’était étendue à tout le dispositif complexe de surveillance. De San Francisco à Brisbane, les ordinateurs cliquetaient et des hommes traçaient des cercles de délimitation sur des cartes. Et Don Burley, se frottant encore les yeux, se trouva installé devant le tableau de bord du minuscule patrouilleur N°5 qui gagnait déjà ses vingt brasses de fond.
Enfin ! Avec cette alerte dans son secteur, c’était la première sensation forte depuis des mois. Les yeux fixés sur les instruments dont dépendait sa vie, il tenta de prévoir la suite. Que s’était-il passé ? Rien de plus qu’un message très bref rendant compte »
Extrait de : A. C. Clarke. « Les prairies bleus. »
Les gouffres de la lune par Arthur C. Clarke
Fiche de Les gouffres de la lune
Titre : Les gouffres de la lune – intégrale (S.O.S. Lune)
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1961
Traduction : B. R. Bruss
Editeur : Milady
Sommaire de Les gouffres de la lune
- S.O.S. Lune
- Naufragés de la Lune
Première page de Les gouffres de la lune
« Pat Harris jouissait du privilège d’être le capitaine de l’unique bateau qui fasse en permanence « croisière » sur la Lune. Tandis que les passagers s’embarquaient sur le Séléné et se bousculaient pour avoir les places près des fenêtres, il se demandait à quoi ressemblerait, cette fois-ci, la promenade. Dans son miroir rétroviseur, il apercevait Mlle Wilkins, qui accueillait à bord les excursionnistes. Elle était charmante dans son uniforme bleu de la Commission touristique lunaire. Harris, lorsqu’il était de service avec elle, s’imposait de ne voir en elle que « Mlle Wilkins », et non pas « Sue ». Cela l’aidait à se concentrer sur son travail. Quant à savoir ce qu’elle pensait de lui, il n’avait jamais réellement pu le deviner.
Parmi les gens qui s’installaient à bord, il ne reconnut aucun visage familier. C’étaient des nouveaux venus, avides d’entreprendre leur première croisière. La plupart étaient des touristes types, des personnes d’un certain âge, en visite sur un monde qui, dans leurs jeunes années, avait été le symbole même des lieux inaccessibles. Quatre ou cinq passagers seulement n’avaient pas encore atteint la »
Extrait de : A. C. Clarke. « Les Gouffres de la Lune. »
Les fontaines du paradis par Arthur C. Clarke
Fiche de Les fontaines du paradis
Titre : Les fontaines du paradis
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1979
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : J’ai lu
Première page de Les fontaines du paradis
« Kalidasa
La couronne devenait plus lourde avec chaque année qui passait. Lorsque le Vénérable Bodhidharma Mahanayake Thero l’avait – tellement à contrecœur – posée pour la première fois sur sa tête, le prince Kalidasa fut surpris de sa légèreté. À présent, vingt ans plus tard, le roi Kalidasa abandonnait avec plaisir ce cercle d’or incrusté de joyaux, chaque fois que le permettait l’étiquette de la cour.
Il y en avait peu ici, au sommet du rocher-forteresse battu par le vent ; peu d’envoyés diplomatiques ou de pétitionnaires sollicitaient audience sur ces hauteurs. Beaucoup de ceux qui faisaient le voyage jusqu’au Yakkagala rebroussaient chemin devant l’ascension finale, à travers la gueule même du lion accroupi, qui semblait toujours prêt à bondir »
Extrait de : A. C. Clarke. « Les Fontaines Du Paradis. »
Les enfants d’Icare de Arthur C. Clarke
Fiche de Les enfants d’Icare
Titre : Les enfants d’Icare
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1954
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu
Première page de Les enfants d’Icare
« Il y avait un demi-million d’années que le volcan qui avait fait surgir Taratua des profondeurs du Pacifique était endormi. Et pourtant, songeait Reinhold, un brasier plus ardent que celui qui avait présidé à la naissance de l’île allait la submerger avant peu. Son regard se posa sur l’aire de lancement, s’éleva en suivant le monumental berceau qui ceinturait encore la Christophe Colomb. À soixante mètres au-dessus du sol, le nez de la fusée accrochait les derniers rayons du soleil déclinant. C’était l’une des dernières nuits qu’elle connaîtrait : bientôt, elle voguerait dans le soleil éternel de l’espace.
Tout était paisible sous les hauts palmiers couronnant l’arête rocheuse de l’île. Les seuls bruits que l’on entendait étaient la rumeur trépidante d’un compresseur pneumatique qui se mettait occasionnellement en marche ou un appel assourdi lancé par un technicien. Reinhold avait fini par aimer ces palmiers blottis les uns contre les autres et il venait presque tous les soirs contempler son petit royaume. L’idée qu’ils seraient désintégrés quand la »
Extrait de : A. C. Clarke. « Les enfants d’Icare. »
Les chants de la Terre lointaine par Arthur C. Clarke
Fiche de Les chants de la Terre lointaine
Titre : Les chants de la Terre lointaine
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1986
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : Bragelonne
Première page de Les chants de la Terre lointaine
« La plage de Tarna
Avant même que le bateau franchisse le récif, Mirissa comprit que Brant était en colère. L’attitude tendue de son corps à la barre – le simple fait qu’il n’ait pas laissé le passage final aux mains expertes de Kumar – indiquait que quelque chose l’avait troublé.
Elle quitta l’ombre des palmiers et descendit lentement sur la plage, le sable mouillé alourdissant ses pas. Quand elle arriva au bord de l’eau, Kumar affalait déjà la voile. Son petit frère – maintenant presque aussi grand qu’elle et tout en muscles solides – agita gaiement la main. Que de fois elle avait souhaité que Brant ait le bon caractère de Kumar, qu’aucune crise ne pouvait apparemment bouleverser ! »
Extrait de : A. C. Clarke. « Les Chants de la Terre lointaine. »
Le vent venu du soleil par Arthur C. Clarke
Fiche de Le vent venu du soleil
Titre : Le vent venu du soleil
Auteur : Arthur C. Clarke
Date de parution : 1972
Traduction : G. W. Barlow
Editeur : Pocket
Sommaire de Le vent venu du soleil
- La nourriture des dieux
- Maelström II
- Clartés dans l’abîme
- Le vent qui vient du soleil
- Mystère sur la lune
- Dernières instructions
- Qui est à l’appareil ?
- Retrouvailles
- Retour sur soi
- Lumière au coeur des ténèbres
- La plus longue histoire de science-fiction jamais contée
- L’honorable Herbert Heorge Morley Robert Wells
- Amour universel
- Croisade
- Le ciel impitoyable
- Marée neutronique
- Passage de la terre
- Face à face avec méduse
Première page de La nourriture des dieux
« En toute honnêteté, je dois vous prévenir, Monsieur le Président, qu’une bonne partie de mon témoignage sera fort peu ragoûtante : il s’agit d’aspects de la nature humaine que l’on évoque rarement en public, et sûrement jamais devant une commission parlementaire. Mais il faut bien, je le crains, les regarder en face. Il y a des cas où il faut arracher le voile de l’hypocrisie, et celui-ci en est un.
Vous et moi, Messieurs, descendons d’une longue lignée de carnivores. Je vois à votre expression que vous ignorez pour la plupart le sens de ce terme. Cela n’a rien de surprenant : il vient d’un langage qui ne se parle plus depuis deux mille ans. Peut-être ferais-je mieux d’éviter les euphémismes et d’être d’une brutale franchise, même s’il me faut utiliser des mots qu’on n’entend jamais dans la bonne société. Je présente à l’avance mes excuses à tous ceux que je pourrais offusquer.
Il y a quelques siècles encore, la nourriture favorite de tous les hommes était la viande – la chair d’animaux qui avaient été vivants. Je ne cherche pas à vous soulever le cœur : ce n’est qu’une constatation de fait, qu’on peut vérifier dans n’importe quel livre d’histoire… »
Extrait de : A. C. Clarke. « Le vent venu du soleil. »