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Compte-rendu de certains événements survenus à Londres par China Miéville

Fiche de Compte-rendu de certains événements survenus à Londres

Titre : Compte-rendu de certains événements survenus à Londres
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2004
Traduction : N. Mège
Editeur : Bélial

Première page de Compte-rendu de certains événements survenus à Londres

« Le 27 novembre 2000, un pli m’est parvenu. Rien que de très habituel chez moi : depuis que j’ai entamé une carrière d’écrivain à plein temps, je reçois beaucoup plus de courrier. Une bande arrachée sur le rabat de l’enveloppe permettait d’en vérifier le contenu. Ce qui n’a rien d’inhabituel non plus. A cause, sans doute, de mes activités politiques — membre à géométrie variable d’un groupe d’extrême-gauche, je me suis présenté aux élections au nom de la Socialist Alliance —, il est fréquent que l’on espionne ma correspondance, ce qui ne lasse d’ailleurs pas de m’indigner.

Si je précise ce détail, c’est pour expliquer pourquoi j’ai ouvert une lettre qui ne m’était pas destinée. Je m’appelle China Miéville et j’habite sur …ley Road. Le paquet était adressé à un certain Charles Melville, au même numéro, mais sur …ford Road. Aucun code postal n’étant mentionné, le colis a fini par échouer à mon domicile. Devant ce gros emballage à demi déchiré par quelque barbouze, j’ai tout bêtement supposé qu’il m’était adressé et je l’ai ouvert. »

Extrait de : C. Miéville. « Compte-rendu de certains evenements survenus a Londres. »

Celui qui dénombrait les hommes par China Miéville

Fiche de Celui qui dénombrait les hommes

Titre : Celui qui dénombrait les hommes
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2016
Traduction : N. Mège
Editeur : I2N

Première page de Celui qui dénombrait les hommes

« Sur un mont, un jeune garçon dévale un chemin de terre en hurlant. Cet enfant, c’est moi. Il étire les bras le plus possible, à croire qu’il a trempé ses mains dans de la peinture et qu’il veut les plaquer sur du papier pour faire un dessin, seulement ses paumes ne montrent que de la terre. On n’y voit pas de sang.
Il a neuf ans, je crois, et il n’a jamais couru aussi vite. Il trébuche, il se précipite. À plusieurs reprises, il donne l’impression de devoir chuter dans la rocaille et les ajoncs qui entourent le sentier, mais je garde mon équilibre et j’atteins l’ombre de la montagne. Le temps semble à l’humidité bien qu’il n’ait pas plu. Je projette dans mon sillage un nuage de poussière froide et des bestioles qui détalent devant moi.
Les gens de la petite ville ont repéré le phénomène bien avant mon arrivée, m’indiquera plus tard Samma. Une fois certaine qu’il ne s’agit pas juste d’un caprice météorologique, elle rejoint le groupe venu attendre près de la pompe qui flanque le pont côté ouest, à hauteur des dernières maisons, afin d’observer ce qui se dirige vers l’agglomération. »

Extrait de : C. Miéville. « Celui qui denombrait les hommes. »

Le concile de fer par China Miéville

Fiche de Le concile de fer

Titre : Le concile de fer (tome 3 sur 3 – Cycle de Bas-Lag)
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2004
Traduction : N. Mège
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le concile de fer

« En un temps révolu, des femmes et des hommes tracent une ligne à travers l’immensité, entraînant l’Histoire derrière eux. Ils sont immobiles, un cri d’assaut figé sur la bouche. Ils franchissent la rocaille : des tranchées, de la forêt, de la broussaille, l’ombre de briques. Ils adviennent sans cesse.
Et en un temps plus lointain encore, un homme se tient sur une aspérité de granit, le poing serré d’une montagne. Des arbres recouvrent ce pic, comme une écume de forêt. L’homme est campé au-dessus d’un monde vert. Une faune à cuir et à plumes indifférente parsème le ciel en dessous de lui.
Plus haut, par-delà les piliers de batholithe : la voie qu’il a tracée, flanquée par des bivouacs de toile. Des gens, un feu, petit cousin châtré des embrasements qui fertilisent la sylve.
Un vent enveloppe cet homme à l’écart, le fige à jamais dans ce moment passé. Son souffle gèle sur sa barbe. Il consulte le mercure, apathique dans le verre du baromètre à cordelette graduée. Par cet automne monticole, l’homme détermine sa position au-dessus du ventre du monde, et celle de ses équipes. »

Extrait de : C. Miéville. « Le concile de fer – Cycle de Bas-Lag. »

Les scarifiés par China Miéville

Fiche de Les scarifiés

Titre : Les scarifiés (tome 2 sur 3 – Cycle de Bas-Lag)
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2002
Traduction : N. Mège
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les scarifiés

« À un kilomètre en dessous du plus bas des nuages, le roc fend les flots. Et l’océan commence.
On lui a attribué quantité de noms. Sa moindre crique, sa moindre baie, son moindre courant, ont été classifiés comme autant d’unités discrètes. Pourtant il est chose indivisible, où les frontières sont absurdes. Il emplit l’espace entre pierres et sable, s’enroulant le long des côtes, comblant le vide entre les continents.
Aux confins du monde, l’eau salée est d’une froideur qui brûle. À l’instar de la terre, d’immenses plaques de mer gelée se brisent, s’écrasent, se reforment, parsemées de tunnels – tanières du crabe des glaces, un philosophe à la carapace de sérac animé. Dans les lagunes australes, des forêts de vers tubicoles, de laminaires, de coraux prédateurs. Le poisson-lune se meut avec une grâce imbécile. Le trilobite bâtit son nid dans l’os et le fer en dissolution.
L’océan foisonne. »

Extrait de : C. Miéville. « Les Scarifies – Cycle de Bas-Lag. »

Perdido Street Station (partie 2) par China Miéville

Fiche de Perdido Street Station (partie 2)

Titre : Perdido Street Station (partie 2) (tome 1 sur 3 – Cycle de Bas-Lag)
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2000
Traduction : N. Mège
Editeur : Fleuve noir

Première page de Perdido Street Station (partie 2)

« Un picotement gênant et insistant tira Benjamin Flex du sommeil. Sa tête dodelina, nauséeuse. Son estomac fit le plongeon.
Il était assis, attaché sur une chaise, dans une petite salle d’un blanc aseptique. Au centre d’un des murs, une fenêtre en verre dépoli laissait pénétrer la lumière, mais rien d’autre – aucun indice de ce que recelait le dehors. Un homme en blouse blanche, campé au-dessus de lui, le titillait au moyen d’une pointe de métal reliée par des fils à un moteur ronronnant.
Ben leva les yeux vers le visage de l’homme, et s’y découvrit lui-même. Son geôlier arborait un masque en verre-miroir à la rotondité et à la brunissure parfaites, une lentille convexe lui renvoyant sa physionomie distordue. Malgré le ridicule et le bombement de cette image, Ben fut saisi devant le sang et les ecchymoses qui lui maculaient la peau. »

Extrait de : C. Miéville. « Perdido Street Station T2 – Cycle de Bas-Lag. »

Perdido Street Station (partie 1) par China Miéville

Fiche de Perdido Street Station (partie 1)

Titre : Perdido Street Station (partie 1) (tome 1 sur 3 – Cycle de Bas-Lag)
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2000
Traduction : N. Mège
Editeur : Fleuve noir

Première page de Perdido Street Station (partie 1)

« Du veldt de la broussaille des champs des fermes puis ces premières masures se dressant sur la terre… La nuit a été longue. À la faveur de l’obscurité, les maisons délabrées incrustées dans les berges ont poussé tout autour comme des champignons.
Nous tanguons. Roulons de droite et de gauche sur un profond courant.
Derrière moi, l’homme inquiet tire sur son gouvernail et le chaland redresse le cap. La lueur vacillante de la lanterne oscille. C’est moi que cet homme craint. Je suis penché au-devant de l’onde mouvante, obscure, à la proue du petit esquif.
Des bruits ténus enflent par-dessus le ronron huileux du moteur et la caresse du flot – bruissements de maisons : les poutres chuchotent, le vent frotte le chaume, les murs se tassent, les planchers jouent pour s’adjuger l’espace. Les dizaines d’habitations sont devenues centaines, puis milliers ; éparpillées à partir de la rive, elles émettent leurs lueurs à travers toute la plaine.
Elles m’entourent, grossissent. Gagnent en hauteur, en embonpoint, en coffre. Se coiffent de toits d’ardoise, s’arment de murs de brique. »

Extrait de : C. Miéville. « Perdido Street Station T1 – Cycle de Bas-Lag. »

China Miéville

Présentation de China Miéville :

Né le 6 septembre 1972 à Norwich, China Miéville a grandi dans la bouillonnante métropole londonienne, dont les méandres et l’architecture semblent avoir durablement nourri sa plume. Romancier à l’inventivité stupéfiante, il s’est imposé au tournant de notre siècle comme le héraut d’un courant littéraire novateur que la critique anglo-saxonne a baptisé le « New Weird » — vocable que l’on pourrait fort à propos traduire par la « Nouvelle Étrangeté ». Tournant délibérément le dos aux sempiternelles contrées féériques peuplées d’elfes et de magiciens bienveillants, chères aux épigones de Tolkien, cette esthétique entremêle avec une audace folle les codes de l’anticipation, de la fantasy urbaine et du récit d’épouvante.

C’est avec la parution, en l’an 2000, du monumental La Gare de Perdido Street que China Miéville a frappé les esprits avec le plus de force. Ce roman, fort justement couronné par le prestigieux prix Arthur C. Clarke, nous ouvre les portes de Nouvelle-Crobuzon, une cité tentaculaire, crasseuse et fascinante, située dans le monde de Bas-Lag. L’auteur y déploie un univers urbain d’une noirceur absolue, mû par la vapeur, l’industrie et des sortilèges décadents, où se côtoient d’abominables créatures hybrides et des savants audacieux. Ce coup de maître fut suivi d’autres récits tout aussi magistraux situés dans le même univers, à l’instar de l’aventure maritime des Scarifiés.

Le talent polymorphe de ce démiurge ne s’est cependant point limité aux rivages de Bas-Lag. China Miéville a su se réinventer avec une virtuosité qui force l’admiration, abordant de multiples sous-genres littéraires avec la même redoutable érudition. Je m’en voudrais, par exemple, de ne point citer The City & the City (2009), un vertigineux roman policier où deux villes jumelles occupent le même espace géographique sans que leurs citoyens respectifs n’aient le droit de se voir, ou encore Légationville (2011), qui explore avec brio les vertiges de la linguistique extraterrestre.

Créateur d’univers, couronné par les jurys les plus sévères de la science-fiction internationale, China Miéville se distingue par une prose riche, exigeante et volontiers foisonnante, qui fait de lui l’un des architectes les plus majeurs de la littérature fantastique contemporaine.

Livres de China Miéville :

Cycle de Bas Lag :

Celui qui dénombrait les hommes (2016)
Compte rendu de certains évènements survenus à Londres (2004)
En quête de Jake (2005)
Kraken (2010)
La chute de Londres (2012)
Le livre d’ailleurs (2024)
Le roi des rats (1998)
Légationville (2012)
Les derniers jours du Nouveau-Paris (2016)
Merfer (2012)
The city & the city (2009)

Pour en savoir plus sur China Miéville :

La page Wikipédia sur C. Miéville
La page Noosfere sur C. Miéville
La page isfdb de C. Miéville

Les meilleurs romans de steampunk

Des machines à vapeur capables de bouleverser le monde, des dirigeables sillonnant les cieux, des savants excentriques, des automates, des villes victoriennes et des technologies qui n’auraient jamais dû exister : le steampunk est un genre qui aime réinventer le passé pour imaginer des futurs qui n’ont jamais eu lieu.

Né véritablement comme courant littéraire dans les années 1980, le steampunk puise pourtant largement dans les œuvres de Jules Verne, H. G. Wells et d’autres auteurs de la littérature d’anticipation du XIXe siècle. Mais il ne se résume pas à quelques machines à vapeur et à des décors victoriens. Le genre s’est progressivement mélangé avec l’uchronie, la fantasy, l’aventure, le fantastique et même la science-fiction.

Cette diversité se retrouve dans notre sélection des 20 meilleurs romans de steampunk. Des œuvres fondatrices aux romans plus récents, voici les livres qui ont contribué à définir et à renouveler le genre.


1. Les Voies d’Anubis — Tim Powers

Publié en 1983, Les Voies d’Anubis est l’un des romans fondateurs du steampunk moderne.

Tim Powers imagine un Londres victorien où les voyages dans le temps permettent de rencontrer des personnages historiques comme Lord Byron, tout en plongeant le lecteur dans un univers mêlant magie, sociétés secrètes, créatures fantastiques et machines étonnantes.

Le roman suit Brendan Doyle, un spécialiste de la littérature qui participe à une expédition temporelle pour assister à une conférence de Coleridge en 1810. Mais le voyage ne se déroule évidemment pas comme prévu.

Avec son mélange de Londres victorien, voyage temporel, histoire alternative, magie et aventure, Les Voies d’Anubis possède une place particulière dans l’histoire du steampunk.

C’est un excellent choix pour découvrir un steampunk qui ne se limite pas à la technologie et qui assume pleinement sa dimension fantastique.

Pourquoi le lire ?

  • Pour découvrir l’un des grands classiques du steampunk.
  • Pour son mélange de voyage temporel et de fantasy.
  • Pour son Londres victorien particulièrement imaginatif.
  • Pour son atmosphère d’aventure et de mystère.

2. La Machine à différences — William Gibson & Bruce Sterling

Et si la révolution informatique avait commencé au XIXe siècle ?

C’est le point de départ de La Machine à différences, publié en 1990 par William Gibson et Bruce Sterling.

Les deux auteurs imaginent une Angleterre victorienne profondément transformée par l’existence de machines mécaniques capables d’effectuer des calculs complexes. Charles Babbage a réussi à construire ses machines à différences et la technologie informatique s’est développée avec près d’un siècle d’avance.

Cette modification apparemment technique bouleverse toute la société britannique.

Le roman mélange ainsi uchronie, politique, technologie et société victorienne, tout en imaginant une révolution industrielle alternative particulièrement crédible.

Ici, pas besoin de multiplier les gadgets extraordinaires : c’est la simple modification de l’histoire technologique qui suffit à transformer complètement le monde.

La Machine à différences est également important parce qu’il montre que le steampunk peut être beaucoup plus qu’une esthétique : il peut devenir un véritable outil pour réfléchir à l’évolution des sociétés et des technologies.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son uchronie particulièrement ambitieuse.
  • Pour son interprétation du Londres victorien.
  • Pour son mélange de politique et de technologie.
  • Pour découvrir l’un des romans majeurs du steampunk moderne.

3. Homunculus — James P. Blaylock

Avec Homunculus, James P. Blaylock propose une autre vision du steampunk, beaucoup plus proche du fantastique et de l’horreur.

Publié en 1986, le roman se déroule dans une Angleterre victorienne peuplée de savants, d’inventeurs, d’alchimistes et de personnages aux motivations pour le moins douteuses.

L’histoire tourne notamment autour d’un mystérieux homoncule venu de l’espace et de plusieurs personnages qui cherchent à mettre la main sur lui.

Le roman mélange avec beaucoup de liberté science-fiction, fantastique, humour noir et imaginaire victorien.

Chez Blaylock, les machines ne sont donc pas simplement des éléments de décor. Elles participent à un univers étrange où les inventions scientifiques semblent constamment franchir les limites entre science, magie et folie.

Homunculus représente ainsi parfaitement le versant le plus baroque et fantastique du steampunk.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son ambiance victorienne très particulière.
  • Pour son mélange de science-fiction et de fantastique.
  • Pour ses inventeurs et savants complètement décalés.
  • Pour découvrir le steampunk dans sa forme la plus étrange.

4. Machines infernales — K. W. Jeter

K. W. Jeter est souvent considéré comme l’un des auteurs ayant contribué à populariser le terme steampunk lui-même.

Avec Machines infernales, premier volume de la série George Dower, il plonge son lecteur dans une Angleterre victorienne où les inventions mécaniques et les découvertes scientifiques prennent une place centrale.

Le jeune George Dower se retrouve entraîné dans une aventure où se mêlent inventions extraordinaires, savants, complots et machines improbables.

Le roman possède cette esthétique qui deviendra caractéristique du steampunk : une technologie mécanique poussée beaucoup plus loin que ce que permettait réellement l’époque victorienne.

La série George Dower ne compte que trois volumes, les deux suivants n’ayant pas été traduits. Cela n’empêche pas Machines infernales de constituer une excellente introduction à l’un des courants historiques du steampunk.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son importance dans l’histoire du genre.
  • Pour son univers victorien et mécanique.
  • Pour son côté aventureux et décalé.
  • Pour découvrir l’un des auteurs associés aux débuts du steampunk.

5. Le Seigneur des airs — Michael Moorcock

Avec Le Seigneur des airs, Michael Moorcock emmène le steampunk dans une direction beaucoup plus uchronique.

Premier volume de la série Oswald Bastable, le roman imagine un XXe siècle radicalement différent de celui que nous connaissons. Les puissances impériales disposent de technologies aéronautiques avancées et les dirigeables occupent une place centrale dans cet univers.

Oswald Bastable, officier britannique, découvre progressivement un monde qui ne correspond pas à celui de son époque.

Le roman permet à Moorcock de jouer avec les codes de l’aventure populaire, de l’impérialisme et de l’histoire alternative tout en développant une technologie rétrofuturiste particulièrement marquée.

Avec ses dirigeables, ses machines extraordinaires et son histoire alternative, Le Seigneur des airs constitue donc une autre étape importante dans l’évolution du steampunk.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son univers rétrofuturiste.
  • Pour ses dirigeables et ses technologies alternatives.
  • Pour son mélange d’aventure et d’uchronie.
  • Pour découvrir la série Oswald Bastable.

Pourquoi ces cinq romans sont-ils importants ?

Ces cinq premiers titres montrent déjà que le steampunk ne constitue pas un genre aussi uniforme qu’on pourrait le croire.

Les Voies d’Anubis privilégie le fantastique et le voyage temporel. La Machine à différences imagine une véritable histoire alternative de la révolution industrielle. Homunculus pousse le genre vers le fantastique et l’étrange. Machines infernales met davantage l’accent sur les inventions et l’aventure, tandis que Le Seigneur des airs explore les possibilités de l’uchronie et du rétrofuturisme.

C’est justement cette capacité à mélanger les genres qui fait la richesse du steampunk.


6. Mécaniques fatales — Philip Reeve

Et si les villes elles-mêmes pouvaient se déplacer et se livrer une guerre sans merci ?

C’est le point de départ de Mécaniques fatales, premier volume de la série Tom et Hester de Philip Reeve.

Dans cet univers, les ressources de la Terre sont devenues rares et les grandes villes se sont transformées en gigantesques machines mobiles. Elles parcourent les terres à la recherche de petites cités qu’elles peuvent capturer et absorber.

Londres est devenue une immense cité prédatrice, équipée de machines capables de poursuivre ses proies.

Le jeune Tom Natsworthy, apprenti historien, mène une existence relativement tranquille jusqu’au jour où il est précipité hors de Londres par une mystérieuse jeune femme, Hester Shaw.

Le roman mélange aventure, science-fiction, technologie rétrofuturiste et univers postapocalyptique.

Même si l’histoire s’éloigne du steampunk victorien traditionnel, Mécaniques fatales en reprend plusieurs éléments fondamentaux : machines gigantesques, technologies mécaniques, esthétique industrielle et vision alternative du progrès.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son concept spectaculaire de villes mobiles.
  • Pour son mélange de steampunk et de postapocalyptique.
  • Pour son rythme d’aventure particulièrement efficace.
  • Pour découvrir l’univers de Tom et Hester.

7. L’Âge de diamant — Neal Stephenson

Avec L’Âge de diamant, Neal Stephenson propose une vision du futur qui semble très éloignée du Londres victorien traditionnel du steampunk.

Pourtant, le roman partage avec le genre une fascination essentielle pour les technologies mécaniques et leur influence sur la société.

Dans ce futur, les nanotechnologies ont bouleversé l’économie et les rapports sociaux. Les objets peuvent être fabriqués presque instantanément à partir de matières premières, tandis que de nouvelles communautés se sont constituées autour de valeurs et de modes de vie différents.

L’un des éléments centraux du roman est un livre interactif extraordinaire, conçu pour accompagner une jeune fille dans son apprentissage.

Neal Stephenson mélange ici science-fiction, technologie, éducation, société et réflexion sur l’évolution humaine.

Pourquoi le retrouver dans une sélection steampunk ?

Parce que L’Âge de diamant appartient à cette branche du genre qui s’intéresse moins à la simple reconstitution victorienne qu’à une technologie alternative capable de transformer radicalement la civilisation.

C’est un steampunk beaucoup plus futuriste et conceptuel, mais qui participe à la même fascination pour les rapports entre technologie et société.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son imagination technologique.
  • Pour son monde profondément original.
  • Pour sa réflexion sur l’éducation et la société.
  • Pour découvrir une forme de steampunk très éloignée des clichés victoriens.

8. Le Prestige — Christopher Priest

Avec Le Prestige, Christopher Priest nous ramène dans l’Angleterre victorienne, mais par l’intermédiaire d’un univers dominé par les illusions, les inventions et les rivalités entre deux magiciens.

Le roman raconte la confrontation entre Alfred Borden et Robert Angier, deux illusionnistes prêts à tout pour surpasser leur rival.

Leurs spectacles deviennent progressivement de plus en plus extraordinaires, jusqu’à faire intervenir des technologies et des découvertes scientifiques qui dépassent largement les connaissances de leur époque.

Christopher Priest construit son histoire sous la forme de récits emboîtés, de journaux intimes et de témoignages contradictoires. Le lecteur est donc constamment amené à se demander ce qui est vrai et ce qui relève de l’illusion.

Le Prestige est ainsi à la frontière de plusieurs genres : roman historique, fantastique, science-fiction et récit d’anticipation.

Sa place dans cette sélection tient surtout à son atmosphère victorienne, à son utilisation de technologies extraordinaires et à cette fascination pour les inventeurs qui caractérise une partie du steampunk.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son atmosphère victorienne.
  • Pour sa confrontation entre magie et technologie.
  • Pour son intrigue construite comme un gigantesque tour de magie.
  • Pour découvrir le roman à l’origine du film de Christopher Nolan.

9. Les Enchantements d’Ambremer — Pierre Pevel

Avec Les Enchantements d’Ambremer, Pierre Pevel transpose le steampunk dans une version particulièrement française et fantastique.

Premier volume de la série Le Paris des Merveilles, le roman imagine un Paris du début du XXe siècle dans lequel la magie existe et où les créatures féeriques côtoient les humains.

Paris n’est pas exactement celui que nous connaissons. Les progrès techniques et la magie ont suivi des chemins différents, donnant naissance à un monde où se mélangent automates, dirigeables, inventions extraordinaires, fées, elfes et autres créatures fantastiques.

Le héros, Louis Denizart Hippolyte Griffont, est un mage et détective qui se retrouve impliqué dans une affaire particulièrement dangereuse.

Le résultat est un savoureux mélange de fantasy, enquête, aventure et esthétique rétrofuturiste.

Le steampunk de Pierre Pevel n’est donc pas une simple transposition du modèle britannique. L’auteur l’adapte à son propre imaginaire et transforme Paris en un terrain de jeu particulièrement séduisant.

Les Enchantements d’Ambremer est le premier volume d’une trilogie qui se poursuit avec L’Élixir d’oubli et Le Royaume immobile.

Pourquoi le lire ?

  • Pour découvrir une version française du steampunk.
  • Pour son mélange de magie et de technologie.
  • Pour son Paris alternatif particulièrement réussi.
  • Pour son côté aventure et enquête.

10. Boneshaker — Cherie Priest

Avec Boneshaker, Cherie Priest déplace le steampunk vers une Amérique alternative ravagée par une catastrophe industrielle.

Le roman se déroule dans une version uchronique de Seattle, après une catastrophe provoquée par une gigantesque machine de forage.

La ville est désormais séparée du reste du monde par un mur et envahie par un gaz toxique. À l’intérieur vivent des survivants dans un environnement dangereux, peuplé notamment de zombies.

Dans cet univers postapocalyptique, les machines, les inventions et les technologies rétrofuturistes occupent une place centrale.

Cherie Priest mélange ainsi steampunk, uchronie, aventure et horreur, donnant naissance à un roman très différent des récits victoriens classiques.

Boneshaker est également le premier volume du Cycle du siècle mécanique, une série qui compte trois volumes.

Ce roman montre parfaitement que le steampunk peut quitter l’Europe victorienne pour explorer d’autres périodes et d’autres territoires tout en conservant son identité.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son mélange de steampunk et d’horreur.
  • Pour son univers postapocalyptique.
  • Pour son uchronie américaine.
  • Pour ses machines et technologies rétrofuturistes.

Cinq visions très différentes du steampunk

Ces cinq romans montrent à quel point le genre s’est diversifié.

Avec Mécaniques fatales, Philip Reeve transforme le monde en gigantesque terrain de chasse mécanique. Neal Stephenson pousse le genre vers une science-fiction technologique avec L’Âge de diamant. Christopher Priest mélange le monde victorien, l’illusion et la science dans Le Prestige.

Pierre Pevel apporte quant à lui une dimension française et fantastique avec Les Enchantements d’Ambremer, tandis que Cherie Priest démontre avec Boneshaker que le steampunk peut parfaitement s’intégrer à un univers postapocalyptique et horrifique.


11. Perdido Street Station — China Miéville

Avec Perdido Street Station, China Miéville imagine l’une des villes les plus extraordinaires de la fantasy contemporaine : Nouvelle-Crobuzon.

La cité est immense, industrielle, polluée et peuplée d’humains mais aussi de créatures et de peuples aux formes très diverses. Les machines à vapeur, les automates, les inventions scientifiques et les technologies étranges y côtoient une magie particulièrement développée.

Le roman raconte l’histoire d’Isaac Dan der Grimnebulin, un scientifique qui accepte d’aider une créature mystérieuse victime d’une transformation particulièrement étrange.

Cette enquête va rapidement l’entraîner dans une affaire qui menace toute la ville.

Premier volume du Cycle de Bas-Lag, Perdido Street Station est difficile à enfermer dans une seule catégorie. Il mélange fantasy, science-fiction, horreur, aventure et esthétique steampunk.

C’est précisément cette hybridation qui lui vaut sa place dans notre sélection.

Le roman montre notamment comment le steampunk peut s’affranchir complètement du cadre victorien traditionnel pour créer un univers original, sombre et profondément fantastique.

Pourquoi le lire ?

  • Pour découvrir l’extraordinaire ville de Nouvelle-Crobuzon.
  • Pour son mélange de fantasy et de steampunk.
  • Pour son univers industriel particulièrement riche.
  • Pour son imaginaire très éloigné des clichés du genre.

12. Le Déchronologue — Stéphane Beauverger

Avec Le Déchronologue, Stéphane Beauverger propose un roman français particulièrement original qui mélange aventure maritime, uchronie et manipulation du temps.

Le capitaine Henri Villon commande le Déchronologue, un navire équipé d’une technologie extraordinaire : des canons capables de modifier le temps.

Son équipage va se retrouver entraîné dans une aventure où les événements ne semblent plus respecter une chronologie normale.

Le roman nous plonge dans un XVIIe siècle réinventé, peuplé de pirates, de navires et de technologies impossibles.

Le steampunk est ici très différent de sa forme victorienne habituelle. L’auteur transpose certains de ses principes dans une époque beaucoup plus ancienne, donnant naissance à une sorte de steampunk baroque et maritime.

Cette approche originale permet au roman de se démarquer nettement des œuvres qui reprennent simplement les codes du Londres industriel.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son univers maritime particulièrement original.
  • Pour son mélange de steampunk et de voyage temporel.
  • Pour son XVIIe siècle réinventé.
  • Pour découvrir un excellent exemple de steampunk français.

13. Confessions d’un automate mangeur d’opium — Fabrice Colin & Mathieu Gaborit

Avec Confessions d’un automate mangeur d’opium, Fabrice Colin et Mathieu Gaborit plongent le lecteur dans une France alternative où les machines, la magie et les inventions extraordinaires occupent une place centrale.

Le roman reprend plusieurs éléments caractéristiques du steampunk tout en leur ajoutant une importante dimension fantastique.

Automates, savants, inventions mécaniques et atmosphère fin-de-siècle participent à la construction d’un monde où la technologie semble constamment franchir les limites du possible.

Le titre lui-même résume assez bien l’esprit du roman : il s’agit d’un univers où la mécanique et l’étrange se rencontrent constamment.

Cette œuvre constitue donc un bon représentant du steampunk français teinté de fantastique, à côté du Paris des Merveilles de Pierre Pevel.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son univers français alternatif.
  • Pour son mélange de technologie et de fantastique.
  • Pour ses automates et ses inventions.
  • Pour découvrir une autre approche francophone du steampunk.

14. Leviathan — Scott Westerfeld

Avec Leviathan, Scott Westerfeld imagine une Première Guerre mondiale qui ne ressemble absolument pas à celle que nous connaissons.

Dans cet univers, les puissances européennes se divisent notamment entre les Clankers, qui utilisent d’immenses machines mécaniques, et les Darwinistes, qui ont développé des technologies biologiques permettant de créer des créatures vivantes utilisées comme armes et moyens de transport.

Le jeune Aleksandar, héritier de l’Empire austro-hongrois, se retrouve entraîné dans le conflit tandis que Deryn Sharp, jeune fille déguisée en garçon, sert dans les forces britanniques.

Le contraste entre les machines des Clankers et les organismes vivants des Darwinistes donne au roman une identité visuelle et technologique particulièrement forte.

Premier volume de la série Léviathan, qui compte trois volumes, le roman constitue une excellente porte d’entrée vers un steampunk destiné à un public plus jeune, sans pour autant sacrifier l’ampleur de son univers.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son uchronie de la Première Guerre mondiale.
  • Pour le contraste entre machines et biotechnologies.
  • Pour son univers rétrofuturiste très inventif.
  • Pour son mélange d’aventure, d’histoire et de science-fiction.

15. Les Conjurés de Florence — Paul J. McAuley

Avec Les Conjurés de Florence, Paul J. McAuley transpose le principe du steampunk dans une Renaissance italienne profondément différente de celle que nous connaissons.

Le roman imagine une Florence où les progrès scientifiques et technologiques ont pris une direction radicalement différente.

Machines, inventions, automates et manipulations scientifiques se mêlent ainsi aux intrigues politiques et aux ambitions des différents protagonistes.

Le résultat est un véritable steampunk de la Renaissance, très éloigné des décors victoriens auxquels le genre est généralement associé.

Cette capacité à transposer le principe du steampunk dans d’autres périodes historiques constitue justement l’un des principaux intérêts du roman.

Les Conjurés de Florence montre qu’il n’est pas nécessaire de reproduire systématiquement le Londres du XIXe siècle pour construire un univers steampunk convaincant.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son mélange de Renaissance et de rétrofuturisme.
  • Pour ses inventions et ses automates.
  • Pour son uchronie originale.
  • Pour découvrir une forme de steampunk particulièrement atypique.

Le steampunk peut-il exister sans époque victorienne ?

Ces cinq romans apportent une réponse assez claire : oui.

Perdido Street Station abandonne complètement notre histoire pour créer un monde de fantasy industrielle. Le Déchronologue transpose l’esthétique du genre au XVIIe siècle. Confessions d’un automate mangeur d’opium imagine une France alternative où technologie et fantastique se rencontrent. Leviathan transforme la Première Guerre mondiale en conflit entre machines et créatures biologiques, tandis que Les Conjurés de Florence invente une Renaissance rétrofuturiste.

Ces romans montrent ainsi que le véritable cœur du steampunk n’est peut-être pas une époque précise, mais plutôt la rencontre entre une histoire alternative, des technologies anachroniques et un imaginaire nourri par les révolutions industrielles.


16. Jack Faust — Michael Swanwick

Avec Jack Faust, Michael Swanwick revisite l’un des grands mythes de la littérature fantastique : celui de Faust.

Le personnage de Jack Faust cherche à dépasser les limites du savoir humain et conclut un pacte qui lui permet d’acquérir des connaissances extraordinaires. Mais cette découverte du progrès scientifique va également transformer profondément le monde qui l’entoure.

Le roman mélange ainsi fantastique, histoire alternative, science et technologie, dans une Europe qui ne suit plus exactement le cours de notre histoire.

Swanwick utilise les codes du steampunk pour réfléchir aux conséquences du progrès scientifique et à la transformation d’une société confrontée à des connaissances qu’elle n’est pas nécessairement prête à maîtriser.

Le résultat est un roman particulièrement original, qui associe les grandes figures du mythe fantastique à une réflexion sur la science et le progrès.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son mélange de fantastique et de science.
  • Pour sa réinterprétation du mythe de Faust.
  • Pour son univers historique alternatif.
  • Pour découvrir un steampunk très différent des aventures victoriennes classiques.

17. La Porte des mondes — Robert Silverberg

Avec La Porte des mondes, Robert Silverberg propose une uchronie qui imagine une histoire radicalement différente de la nôtre.

Une catastrophe démographique bouleverse profondément l’Europe et le monde méditerranéen. Les grandes civilisations que nous connaissons ont évolué selon d’autres trajectoires, donnant naissance à un monde où les rapports de force politiques, économiques et culturels sont totalement différents.

Le roman suit Dan Beauchamp, un Anglais qui voyage dans cet univers alternatif et découvre progressivement une histoire qui aurait pu être la nôtre.

Le livre se situe davantage du côté de l’uchronie historique que du steampunk strict. Mais son intérêt pour les technologies, les sociétés alternatives et les conséquences d’une divergence historique le rapproche de certaines formes du genre.

C’est donc une œuvre plus périphérique dans notre classement, mais particulièrement intéressante pour les lecteurs qui apprécient le steampunk lorsqu’il rencontre l’histoire alternative.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son histoire alternative particulièrement ambitieuse.
  • Pour son univers très différent de notre réalité.
  • Pour son mélange d’aventure et d’uchronie.
  • Pour explorer la frontière entre steampunk et histoire alternative.

18. L’Instinct de l’équarrisseur — Thomas Day

Avec L’Instinct de l’équarrisseur, Thomas Day propose une interprétation française particulièrement sombre du steampunk.

Le roman joue avec les codes de l’aventure, du fantastique et de l’histoire alternative, dans un univers où la technologie et la violence occupent une place importante.

Comme plusieurs œuvres françaises de notre sélection, le roman ne cherche pas simplement à reproduire le Londres victorien traditionnel. Il utilise plutôt les possibilités offertes par le steampunk pour construire un monde décalé, brutal et imaginatif.

Thomas Day s’intéresse notamment aux rapports entre technologie, pouvoir et violence, donnant au récit une tonalité beaucoup plus sombre que celle des aventures steampunk les plus classiques.

Pourquoi le lire ?

  • Pour découvrir une vision française du steampunk.
  • Pour son ambiance sombre.
  • Pour son mélange d’aventure et d’histoire alternative.
  • Pour une approche plus adulte du genre.

19. Bohème — Mathieu Gaborit

Avec Bohème, Mathieu Gaborit développe un univers où la magie et la technologie se côtoient étroitement.

L’auteur, déjà présent dans notre sélection avec Confessions d’un automate mangeur d’opium, possède une longue expérience des univers mêlant fantasy, inventions et imaginaire industriel.

Bohème s’inscrit dans cette tradition avec un monde où les machines et les éléments fantastiques ne sont jamais très éloignés les uns des autres.

Le roman représente ainsi une autre facette du steampunk français teinté de fantasy.

L’intérêt de Gaborit est justement de ne pas considérer la technologie et la magie comme deux éléments incompatibles. Elles participent toutes les deux à la construction de son univers et contribuent à lui donner une identité très particulière.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son mélange de magie et de technologie.
  • Pour découvrir une autre facette du steampunk français.
  • Pour son univers original.
  • Pour les lecteurs qui apprécient le steampunk teinté de fantasy.

20. Jonathan Strange & Mr Norrell — Susanna Clarke

Pour terminer notre Top 20, nous retrouvons un roman qui se situe clairement à la frontière entre plusieurs genres.

Jonathan Strange et Mr Norrell se déroule dans une Angleterre alternative du XIXe siècle où la magie, longtemps considérée comme une pratique appartenant au passé, revient progressivement dans la société.

Deux magiciens aux caractères très différents vont participer à cette renaissance : le prudent Mr Norrell et le jeune Jonathan Strange.

Le roman de Susanna Clarke est avant tout une œuvre de fantasy historique et de magie, mais son cadre britannique, son imaginaire du XIXe siècle et son mélange entre histoire alternative, inventions et esthétique rétrofuturiste permettent de le rapprocher du steampunk au sens large.

C’est donc l’une des œuvres les plus discutables de notre classement, mais aussi l’une des plus intéressantes pour comprendre la frontière entre steampunk et fantasy victorienne.

Si vous appréciez les univers historiques réinventés, la magie et les atmosphères britanniques, le roman mérite largement le détour.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son extraordinaire relecture de l’Angleterre du XIXe siècle.
  • Pour son mélange d’histoire et de magie.
  • Pour son atmosphère victorienne.
  • Pour découvrir la frontière entre fantasy historique et steampunk.

Et les autres romans de steampunk à découvrir ?

Notre Top 20 ne peut évidemment pas représenter toutes les facettes du steampunk. Plusieurs romans méritent donc d’être ajoutés à votre liste de lecture.

Du côté de Pierre Pevel, L’Élixir d’oubli et Le Royaume immobile poursuivent l’aventure du Paris des Merveilles, tandis que Les Ombres de Wielstadt propose une autre incursion de l’auteur dans un univers historique teinté de fantastique.

Dreadnought, de Cherie Priest, complète le Cycle du siècle mécanique après Boneshaker.

On peut également citer Le Peshawar Lancers de S. M. Stirling, New Victoria de Lia Habel, Le Club Vesuvius de Mark Gatiss, La Fugitive de Whitechapel de Bec McMaster et Frey de Chris Wooding.

Pour les lecteurs qui souhaitent aller vers des œuvres plus proches de la fantasy, Perdido Street Station de China Miéville constitue déjà un excellent exemple d’hybridation entre les deux genres.

Enfin, certaines œuvres sont importantes pour comprendre les racines du steampunk sans être du steampunk à proprement parler. C’est notamment le cas de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne et de La Machine à explorer le temps de H. G. Wells.

Ces deux romans ont profondément participé à l’imaginaire technologique et rétrofuturiste dont le steampunk s’est ensuite nourri.


Conclusion

Le steampunk est un genre difficile à enfermer dans une définition unique.

Il peut prendre la forme d’un Londres victorien rempli de machines extraordinaires, comme dans Les Voies d’Anubis ou Machines infernales. Il peut devenir une uchronie technologique ambitieuse avec La Machine à différences, une aventure rétrofuturiste avec Le Seigneur des airs, ou encore une fantasy industrielle avec Perdido Street Station.

D’autres auteurs choisissent de déplacer complètement le genre : Philip Reeve imagine des villes capables de se déplacer dans Mécaniques fatales, Cherie Priest transforme le steampunk en récit postapocalyptique avec Boneshaker, tandis que Scott Westerfeld réinvente la Première Guerre mondiale dans Leviathan.

La littérature française n’est pas en reste. Pierre Pevel, Stéphane Beauverger, Fabrice Colin, Mathieu Gaborit et Thomas Day proposent chacun une vision personnelle du genre, souvent en le mélangeant avec la fantasy, l’aventure ou l’histoire alternative.

Et c’est probablement cette liberté qui fait la force du steampunk. Derrière les dirigeables, les automates, les machines à vapeur et les lunettes d’aviateur se cache surtout une idée beaucoup plus intéressante : imaginer un monde où l’histoire, la technologie et le progrès auraient pris un autre chemin.

Si vous aimez les univers rétrofuturistes, les inventions impossibles, les uchronies et les aventures dans des mondes qui n’ont jamais existé, le steampunk offre donc un terrain de lecture particulièrement vaste.

Il ne vous reste plus qu’à choisir votre première machine à remonter le temps.