Auteur/autrice : CH91
Karl Herbert Scheer

Présentation de Karl Herbert Scheer :
Karl Herbert Scheer, né le 19 avril 1928 à Harheim et mort le 15 septembre 1991 à Francfort-sur-le-Main, est l’un des auteurs de science-fiction les plus influents d’Allemagne. Ancien ingénieur et passionné de technologie navale, il a marqué l’histoire de la littérature populaire par son sens de l’action et sa rigueur technique, ce qui lui valut parfois le surnom de « Herbert-grenade » (Handgranaten-Herbert) en raison du caractère militaire de ses récits.
Le créateur de séries cultes
Si K. H. Scheer a écrit de nombreux romans indépendants, sa renommée repose essentiellement sur la création de deux univers majeurs qui ont connu un immense succès en France, principalement aux éditions du Fleuve Noir.
- La série D.A.S. (Département Anti-espionnage Scientifique)
Créée en 1958 sous le titre original ZBV (Zur besonderen Verwendung, signifiant « Pour usage spécial »), cette série mêle habilement le roman d’espionnage et la science-fiction d’anticipation.
L’intrigue suit les missions périlleuses de deux agents d’élite, Thor Konnat et Hannibal Utan, évoluant dans un futur proche où la technologie est devenue l’enjeu principal des rapports de force mondiaux. En France, la série a été publiée dans la collection « Espionnage » du Fleuve Noir sous le sigle D.A.S.. Elle se distingue par une précision technique quasi prophétique et des intrigues nerveuses, préfigurant le genre du techno-thriller.
- L’épopée Perry Rhodan
En 1961, Scheer s’associe à Clark Darlton (pseudonyme de Walter Ernsting) pour lancer ce qui allait devenir la plus grande saga de science-fiction au monde : Perry Rhodan.
Initialement prévue pour ne durer que quelques volumes, la série narre l’ascension de l’humanité vers les étoiles après la rencontre de l’astronaute Perry Rhodan avec les Arkonides sur la Lune. Scheer fut l’architecte en chef (Exposé-Autor) des premiers cycles de la saga. C’est lui qui a défini les bases technologiques (moteurs à transition, cerveaux positoniques) et la structure géopolitique de cet univers. Sous son impulsion, la série a pris une dimension galactique, traitant de l’évolution de l’homme vers des stades de conscience supérieurs.
Un style marqué par la technique
Le style de Scheer se caractérise par une fascination pour la « hard science-fiction ». Ses descriptions de vaisseaux spatiaux, d’armes futuristes et de dispositifs électroniques sont d’une précision chirurgicale, héritée de sa formation d’ingénieur. Bien que critiqué pour une vision parfois jugée trop martiale de l’avenir, il a su insuffler un dynamisme et une échelle cosmique qui ont captivé des générations de lecteurs.
Influence et héritage
Karl Herbert Scheer reste une figure incontournable pour les amateurs de SF européenne. En France, son œuvre a permis de populariser une science-fiction d’aventure efficace, loin des courants plus intellectuels de l’époque. Il a laissé derrière lui un héritage colossal, la série Perry Rhodan continuant d’être publiée et lue par des millions de passionnés plus de trente ans après sa disparition.
Livres de Karl Herbert Scheer :
Bruno Coqdor :
- Tempête sur Goxxi (1969)
D.A.S. (Département Anti-espionnage Scientifique) :
- Péril psychique (1973)
- Commando HC-9 (1977)
- L’élément 120 (1977)
- L’affaire Pégasus (1977)
- C. C. 5 top secret (1978)
- Les forçats de l’Antarctique (1978)
- Opération soleil levant (1978)
- Les cerveaux morts (1978)
- Combats sous les cratères (1978)
- Pouvoirs illimités (1978)
- N’approchez pas (1979)
- Facultés inconnues (1979)
- Le virus mystérieux (1979)
- Les roues de feu (1979)
- Sous le signe de la grande ourse (1979)
- Le mutant d’Hiroshima (1979)
- Offensive Minotaure (1979)
- Contre-offensive Copernicus (1980)
- Centre d’intendance Godapol (1980)
- Programmation impossible (1980)
- Intendance martienne Alpha VI (1980)
- Mission secrète « Oeil géant » (1980)
- Le dieu endormi (1981)
- Le test de l’aigle rouge (1981)
- Alerte à l’hypnose (1981)
- Coefficient de sécurité : Trois (1981)
- S.O.S. Sibérie (1981)
- La révolte des grands cerveaux (1981)
- L’enjeu lunaire (1981)
- Le cocon-PSI (1982)
- L’oiseau de Mars (1982)
- Arbitrage martien (1982)
- L’esprit de Vénus (1984)
- Incarnation illégale (1984)
- Androïdes en série (1985)
- Les visiteurs du passé (1985)
- Nitrabyl la ténébreuse (1986)
- Les naufragés du 14-18 (1987)
- Le réveil de la forteresse (1987)
- Destination Atlantide (1987)
- Ballet temporel (2007)
- Extinction totale (2011)
Perry Rhodan – cycle 1 – La troisième force :
- Opération Astrée (1961)
- La Terre a peur (1961)
- La milice des mutants (1961)
- Base sur Vénus (1961)
- De l’aide pour la Terre (1961)
- Les vainqueurs de Véga (1961)
- La forteresse des six lunes (1961)
- La quête cosmique (1961)
- Les glaces de Gol (1961)
- Le traitre de Tuglan (1962)
- Vénus en danger (1962)
- La guerre atomique n’aura pas lieu (1962)
- La fuite de Thora (1962)
- Relais secret X (1962)
- Dans la jungle primitive (1962)
- Le maître des mutants (1962)
- Sous l’emprise du fascinateur (1962)
- Le piège à pirates (1962)
- L’empereur de New York (1962)
- L’étoile en exil (1962)
- Mutants en mission (1962)
- L’offensive de l’oubli (1962)
- A l’assaut d’Arkonis (1962)
- La menace des Moffs (1962)
- La planète piégée (1962)
- Les méduses de Moofar (1962)
- Les grottes de Gom (1962)
- La bataille de Bételgeuse (1962)
Perry Rhodan – cycle 2 – Atlan et Arkonis :
- L’amiral d’Arkonis (1962)
- Le sérum de survie (1962)
- Les damnés d’Isan (1962)
- Le spectre du surmontant (1962)
- Les exilés d’Elgir (1962)
- L’invasion des invisibles (1962)
- Le poids du passé (1962)
- La citadelle cachée (1962)
- Les traquenards du temps (1962)
- Délos a disparu (1962)
- L’agonie d’Atlantis (1963)
- Les ambassadeurs d’Aurigel (1963)
- La moisson de Myrtha VII (1963)
- Les soleils de Siamed (1963)
- L’errant de l’éternité (1963)
- La revanche du régent (1963)
- Recrues pour le régent (1963)
- Allo, Topsid, répondez SVP ! (1963)
- Le prix du pouvoir (1963)
- La déroute des Droufs (1963)
- Rhodan renie Rhodan (1963)
- L’immortel et les invisibles (1963)
- Les métamorphes de Moluk (1963)
- L’ennemi dans les ténèbres (1963)
- L’arche des aïeux (1933)
- Alerte aux antis (1963)
- Un ami de l’humanité (1963)
Perry Rhodan – cycle 3 – Les Bioposis :
- Le caboteur cosmique (1963)
- La section III intervient (1963)
- La flotte fantôme (1963)
- Rien qu’un freluquet (1963)
- L’idole de Passa (1963)
- Le barrage bleu (1967)
- Le désert des décharnés (1967)
- Opération « Okal » (1967)
- L’homme aux deux visages (1967)
- Les dieux oubliés (1967)
- L’aventure Akonide (1967)
- Mannes éphémères (1967)
- Semailles d’Apocalypse (1967)
- La planète Mécanica (1963)
- Complots arkonides (1967)
- Opération dernière chance (1964)
- Rencontres extragalactiques (1966)
- La mort de Mécanica (1967)
- Le captif du futur (1967)
- La bataille de Panotol (1967)
- Les astres noirs (1964)
- Médiation protoplasmique (1967)
- Opération surprise (1968)
- Prisonnier du plasma (1968)
- Le monde aux-cent-soleils (1964)
- Interdit aux humains (1968)
- Le planétoïde hanté (1968)
- Par-delà le mur du temps (1968)
- Le combat des cent-soleils (1968)
Perry Rhodan – cycle 4 – Le deuxième Empire :
- Menaces sur les mutants (1964)
- Le mirage de la montagne chantante (1964)
- La valeur de la vie
- Les esclaves de Nullepart
- Le fléau de la galaxie (1964)
- Le miroir de Molkex (1964)
- Rébellion sur Euhja (1964)
- La métamorphose du Molkex (1964)
- Le labyrinthe d’Eysal (1964)
- Espions de la Terre
- Le piège de glace (1964)
- Les sauveteurs sigans (1964)
- Dans la jungle des étoiles
- Le combat des quatre puissances
- Le mystère de l’île sacrée
- La course contre la montre (1964)
- L’effondrement d’un empire (1965)
- Les condamnés d’Akonis
- L’offensive de crétinisation (1965)
- La sylve sanguinaire (1965)
- Guérilla sur Greendoor (1965)
- Pas de retour pour Rhodan (1965)
- Les soldats stellaires (1965)
- Mulots en mission (1965)
- La fin de la fuite (1965)
- Panique dans le système solaire
- Péril sur Plophos (1965)
- Le déclin du dictateur (1965)
- Arkonis assassiné (1965)
Perry Rhodan – cycle 5 – Les maîtres insulaires :
- A l’assaut d’Andromède (1965)
- Planète de pénitence (1965)
- Le Drung (1965)
- Les gardiens des galaxies (1965)
- La guerre du gel (1965)
- Héros de l’horreur (1965)
- Microcosme et macrocosme (1965)
- Les pyramides pourpres (1965)
- Le triscaphe titanesque (1965)
- Le péril surgi du passé (1965)
- Téléporteurs dans les ténèbres (1965)
- Les condamnés du centre (1965)
- La cinquième colonne (1965)
- Les coureurs d’ondes de Chrystal (1965)
- Invasion interdite (1966)
- L’armada akonide (1966)
- Les astéroïdes d’Androbêta (1966)
- Le satellite secret (1966)
- La débâcle des Deux-nez (1966)
- Les soeurs stellaires (1966)
- La ville vitrifiée (1966)
- Le monde des marais (1966)
- La sphère spatiotemporelle (1966)
- La station de Saar Lun (1966)
- Le messager des maîtres (1966)
- L’ingénieur intergalactique (1966)
- La revanche des régénérés (1966)
- L’être d’émeraude (1966)
- Tempête sur Téfrod (1966)
- Les mercenaires des maîtres (1966)
- Le robot qui rit (1966)
- La machine de Multika (1966)
- Le transmetteur temporel (1966)
- Les temples de Tarak (1966)
- L’agent atemporel (1966)
- L’émir et l’éternité (1966)
- Les transmuteurs de Tanos (1966)
- Le seigneur de Sadlor (1966)
- Le sarcophage stellaire (1966)
- La piste parapsychique (1966)
- La facture des faussaires (1967)
- Iago l’innocente (1967)
- Miras le maléfique (1967)
- Naufrage dans le néant (1967)
- Le pacte de paix (1967)
- L’escapade de l’émir (1967)
- Illusions interstellaires (1967)
- La faillite de Factor IV (1967)
- Multidon la maudite (1967)
- Terreur sur Tamanium (1967)
- Le sacrifice suprême (1967)
- Mission diplomatique dans la nébuleuse (2000)
- Bataille pour une galaxie (2002)
- Vengeance galactique (2000)
Perry Rhodan – cycle 6 – M87 :
- Au coeur de la démesure (1967)
- L’énigme de Old Man (1967)
- Sur la piste des hypno-cristaux (1967)
- Cristal catastrophe (1967)
- Sur le fil du rasoir (1967)
- Remous dans les nuages de Magellan (1967)
- Des perlians aux hommes-lions (1967)
- Les partisans du grand nuage 1967)
- Assaut contre Danger-1 (1967)
- Dans les grottes des Gurrads (1967)
- Missions magellaniques (1967)
- Le réveil d’un Titan (1967)
- Transgressions temporelles (1967)
- Dérive intergalactique (1967)
- Poison pour une planète (1967)
- Le sosie du stellarque (1967)
- De Néréide à Neptune (1968)
- Offensive sur Old Man (1968)
- Cités spatiales Skovars (1968)
- Le commandeur des oubliés (1968)
- Holocauste Halutien (1968)
- Les labyrinthes de M87 (1968)
- L’enlèvement de l’élu (1968)
- La caste des chercheurs (1968)
- Les insurgés du Krest IV (1968)
- Projet paladin (1968)
- Le repaire des symbiotes (1968)
- Uchronies akonides (1968)
- Le karma de Khan (1968)
- Les pirates de Parjar (1968)
- Les cercueils de cristal (1968)
- Les léviathans de Léthara (1968)
- Le piège des Pelewons (1968)
- Les constructeurs du centre (1968)
- Le gouffre entre les galaxies (1968)
- Traîtres en série (1968)
- Le gardien de l’intouchable (1968)
- Le spectre du Sepulveda (1968)
- Le secret de la pyramide (1968)
- Sur les traces du passé (1968)
- Le legs des lémuriens (1968)
- Odyssée pour des nefs perdues (1969)
- Le poids des invisibles (1969)
- Pont entre les nuages (1969)
- La base des Baramos (1969)
- Les oeufs de Baykalob (1969)
- Les spectres verts (1969)
- Des bestians aux Ulebs (1969)
- La tanière hors du temps (1969)
- Ténèbres sur la Terre (1969)
Perry Rhodan – cycle 7 – Les Cappins :
- L’humanité au crépuscule (1969)
- La voie transtemporelle (1969)
- L’ombre de Corello (1969)
- Défi à l’antimatière (1969)
- Mutants sans avenir (1969)
- Les chronoclastes de Copernic (1969)
- Le satellite anti-solaire (1969)
- L’adieu aux Accalauries (1969)
- Face au supermutant (1969)
- La catalyse de l’instable (1969)
- Enigmes du passé (1969)
- Les ludions du temps (1969)
- Les pièges de Gevonia (1969)
- Rencontre avec Ovaron (1970)
- Expédition sur Zeut (1970)
- A l’aube de Lémuria (1970)
- Un frère au-delà des siècles (1970)
- Le ressuscité de Titan (1970)
- Départ pour Gruelfin (1970)
- Les conquérants de Takera (1970)
- Le retour d’un banni (1970)
- Le vassal galactique (1970)
- La ville et le rescapé (1970)
- Au nom du ganjo (1970)
- Les farrogs d’Erysgan (1970)
- Apocalypse pour Takera (1971)
- L’offensive des collecteurs (1971)
- L’attaque des clans (1971)
La grande dérive (1967)
Pour en savoir plus sur Karl Herbert Scheer :
La page Wikipédia sur K. H. Scheer
La page Noosfere sur K. H. Scheer
La page isfdb de K. H. Scheer
Race de conquérants par Paul Béra

Fiche de Race de conquérants
Titre : Race de conquérants
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Race de conquérants
« La découverte des Galks est le fait d’un hasard, comme beaucoup de découvertes. Si Frank n’avait pas heurté du coude le volant de commande de son antenne directive, si sous le coup le pivot à rotule ne s’était pas débloqué, orientant la nappe d’éléments en direction de Deneb, nous n’aurions jamais soupçonné l’existence des Galks, pas plus que celle des Oeus (prononcer O-é-us) et je n’aurais jamais assisté à la destruction d’une planète. J’ajoute que je n’aurais peut-être pas épousé Gloria.
Frank n’a rien d’un rêveur. Bien que son dada soit l’existence positive de l’âme humaine sous forme d’ondes, et qu’il croque l’héritage paternel dans de patientes recherches sur la télépathie, ses deux pieds reposent fermement sur la terre et il n’a rien de ces illuminés pour lesquels une hallucination devient une preuve formelle. »
Extrait de : P. Béra. « Race de conquérants. »
Q. I. par Paul Béra

Fiche de Q. I.
Titre : Q. I.
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Q. I.
« Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre que ce qui compte dans la vie, ce sont les petites choses, non les grands projets. Quand je dis « ce qui compte », j’entends : « pour qu’on soit heureux ».
Parce que les grands projets déçoivent toujours, quelles que soient les capacités de celui qui les entreprend : il ne parvient jamais à ce qu’il espérait atteindre, ou du moins il ne le conserve pas.
Cherchez dans l’Histoire. Même Jésus-Christ n’a pas réussi à faire admettre aux hommes qu’ils sont frères. Napoléon est mort à Sainte-Hélène… et, je le suppose, très malheureux. Lui, je ne le plains pas.
Par contre, quand on apporte son temps et son amour aux « petites choses », on se sent bien dans sa peau. Les hommes politiques me comprendront, ainsi que les grands cerveaux, ou les conquérants, militaires ou amoureux.
Le bonheur est dans les « petites choses ». S’occuper de son gosse au lieu d’essayer de devenir vedette du sport ou de la chanson, ou du cinéma ou de la télé. Tapisser soi-même une pièce de l’appartement au lieu de fignoler des tableaux à l’huile ou des aquarelles que l’on entassera dans le grenier. »
Extrait de : P. Béra. « Q. I. »
Planète polluée par Paul Béra

Fiche de Planète polluée
Titre : Planète polluée
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Planète polluée
« — Prêt à enregistrer, dit l’ordinateur de sa voix impassible.
Gork regarda Gora et haussa les épaules. Quelle fichue besogne ils avaient acceptée là ! Bien sûr, pour obtenir leur diplôme, ils devaient tous deux justifier d’un certain temps de navigation interstellaire… Et, ensemble, c’était la Loi. On voulait savoir s’ils étaient capables de supporter pendant des mois la présence du même partenaire.
Tout de même, ils avaient bien mal choisi… Travail de routine. Inspection des systèmes planétaires afin de noter ce qui s’y était produit depuis le dernier passage des gravitonefs. Ils n’étaient pas les seuls. Tous les mondes évolués agissaient ainsi. Le malheur, c’est qu’il y avait des millions de planètes dans la Galaxie et qu’on ne pouvait donc y passer très souvent. Il est vrai que les modifications de structure sont si lentes…
Mais comme cette besogne était fastidieuse !
— Étoile ? demanda Gork en soupirant. »
Extrait de : P. Béra. « Planète Polluée. »
Nuit d’émeute par Paul Béra

Fiche de Nuit d’émeute
Titre : Nuit d’émeute
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de Nuit d’émeute
« Les cinq ingénieurs-chefs attendaient en silence, assis devant le Président, quand la sonnerie de l’intercom résonna. Chaque fois que le jeune Mac Nott l’entendait, un flux d’étonnement s’élevait en lui. Pourquoi utiliser cet archaïque appareil ? Depuis beau temps on employait des interphones radiotélés qui transmettaient sur un écran l’image du correspondant, et sa voix par un haut-parleur. Mais peut-être précisément Allison, Président de la Confédération européenne, ne tenait-il pas à ce qu’on aperçoive celui auquel il parlait… et même à ce qu’on entende sa voix.
D’ailleurs, tout surprenait dans le bureau présidentiel. Pas un ordinateur, pas un vidéophone. Une salle aux murs tout blancs sur lesquels tranchaient les coupoles translucides de l’éclairage indirect, légèrement bleutées. Pas un tableau, pas même un graphique pour égayer ces murailles d’hôpital. Au sol, un carrelage de marbre gris-bleu. Deux larges baies ouvertes vers la ville. Au centre, une table supportait les intercoms et quelques dossiers. »
Extrait de ; P. Béra. « Nuit d’émeute. »
Nous irons à Kalponéa par Paul Béra

Fiche de Nous irons à Kalponéa
Titre : Nous irons à Kalponéa
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Nous irons à Kalponéa
« Les grandes choses ont parfois à leur origine de minimes détails. Si je n’avais pas rendu son billet à Jacobus, jamais je ne serais allé à l’île de Kalponéa, et cela aurait eu de graves conséquences.
Non que j’aie sauvé la planète ! Certes, je l’ai envisagé… mais c’est elle qui ne l’a pas voulu. D’ailleurs, elle pourrait crever que ça ne me ferait ni chaud ni froid. Ça apprendrait aux humains à ne pas se comporter en béni-oui-oui devant ceux qui nous gouvernent et prétendent détenir la Science infuse.
Il convient que j’explique comment Jacobus m’a engagé, moi, étudiant et chômeur. Dans mon quartier, tout le monde sait que je suis chômeur, mais rien n’indique que j’étudie. Ils n’ont pas besoin de le savoir. Cela inquiéterait peut-être le chef d’îlot s’il apprenait que j’étudie la physique nucléaire. »
Extrait de : P. Béra. « Nous irons à Kalponéa. »
Marée noire sur Altéa par Paul Béra

Fiche de Marée noire sur Altéa
Titre : Marée noire sur Altéa
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Marée noire sur Altéa
« Avant que je descende dans la Bouche du Diable, Lorch s’assit sur un rocher et me remémora les règles essentielles, faute desquelles une organisation contestataire comme la nôtre est condamnée à disparaître.
Comme toujours, il était mal rasé. Je m’étais souvent posé la question : « Comment fait-il pour que nous ne le voyions jamais rasé de frais ? » J’en avais conclu qu’il utilisait son rasoir le soir, peu avant le coucher. Et le lendemain matin, les poils, noirs et drus, avaient si bien poussé que ses joues paraissaient sales.
Cela ne choquait pas, car il avait la cinquantaine. Mais moi, Gwen, à vingt ans, je n’aurais pas aimé me voir ainsi dans un miroir.
— Tu rêves ? grogna Lorch.
C’était vrai. Je rêvais. Depuis des mois et des mois, on ne cessait de rabâcher à mon oreille tout ce qu’il tentait de m’expliquer pour la millième fois. Oh ! Je savais tout cela ! C’était incrusté dans ma tête.
Nous, les indigènes de la planète Altéa, nous étions colonisés, pratiquement réduits à l’esclavage par ceux de l’Empire. Non qu’ils nous contraignent au travail forcé : ils ne l’avaient jamais tenté, et même ils nous payaient… à ne rien faire, ou si peu ! »
Extrait de : P. Béra. « Marée Noire sur Altéa. »
Les manipulateurs par Paul Béra

Fiche de Les manipulateurs
Titre : Les manipulateurs
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les manipulateurs
« J’étais devenu fou. Mais non, je me trompe : je l’avais toujours été. Cela empirait, voilà tout.
Notez, si vous ne l’avez jamais été, que ce n’est pas gênant, et que c’est même plutôt amusant… à la condition que l’on se sache fou. Et je savais que je l’étais.
Ce matin-là, les grincements du vide-ordures me réveillèrent en sursaut. J’avais la bouche pâteuse. Comme je ne bois pratiquement jamais d’alcool, je savais ce que ça signifiait : j’allais entrer en crise. (Quand je dis « pas d’alcool », c’est tout simplement parce que mes moyens ne me le permettent pas. Il a atteint des tarifs prohibitifs !)
Je m’assis sur mon lit et je bâillai en m’étirant. Ma chambre mesurait trois mètres sur trois. Il y avait un lit, une armoire, une petite table et une chaise. J’y vivais depuis trois mois. Ni mieux ni plus mal logé que les autres CH3. CH3 parce que je « pointais » au chômage depuis trois mois. »
Extrait de : P. Béra. « Les Manipulateurs. »
Le vieux et son implant par Paul Béra

Fiche de Le vieux et son implant
Titre : Le vieux et son implant
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le vieux et son implant
« Il la regardait, très droit, très maigre, un ironique sourire aux lèvres, appuyé sur sa canne. Il ne s’était certainement pas rasé de toute la semaine : la barbe lui mangeait le visage.
Quel âge ? Apparemment, quatre-vingts ans. Un âge intéressant, surtout pour les filles, quand on ne voulait pas que le Vieux vous importune… du moins pas trop souvent. Mais aussi un âge périlleux car lorsque le Vieux mourait on se retrouvait à l’abandon. Et pour en trouver un autre !…
Pourtant, Laura était dans un tel état de faiblesse qu’elle était prête à courir ce risque. Si ce Vieux-là mourait, elle en chercherait un autre avec désespoir. Mais entre-temps elle aurait repris des forces. D’ailleurs, quatre-vingts ans, ce n’était pas très inquiétant. Les Humains vivaient plus longtemps depuis que la Maladie s’était abattue sur la Terre.
Oui, ils vivaient longtemps… ou bien ils mouraient jeunes. À l’âge de Laura… De toute façon, les Jeunes ne pouvaient plus se passer des Vieux. Et cela avait tout changé. Tout. »
Extrait de : P. Béra. « Le Vieux et son Implant. »
La nuit est morte par Paul Béra
Fiche de La nuit est morte
Titre : La nuit est morte
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de La nuit est morte
« Dieu sait pourquoi Philippe Lemarchand pensait aux opérateurs et aux équipements radio de l’époque héroïque quand « Son Honneur » Hélène entra sans s’annoncer, comme de coutume. Elle en avait le droit puisque, sur décision de son père, elle avait été nommée Inspectrice générale, mais chaque fois Lemarchand grinçait des dents.
Il admettait mal de se sentir surveillé par une femme plus jeune que lui. Et quelle femme ! Aussi prétentieuse que belle, ce qui n’était pas peu dire…
Dans son fauteuil dont les contours imprécis relaxaient agréablement ses muscles, il attendait avec patience que se déclenchât l’impérieuse sonnerie de l’un des robots de surveillance.
Autrefois, l’opérateur radio passait des heures entières devant un récepteur, et même, oui, les historiens le prétendaient… il était obligé de traduire en « clair » le « langage morse », avec un vulgaire crayon ou un stylo à bille ! Que de temps perdu dans la transmission des messages, et quel casse-tête pour l’opérateur ! »
Extrait de : P. Béra. « La nuit est morte. »